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L’homme et le vin : une histoire de civilisation

L’homme et le vin : une histoire de civilisation

Selon les mots de Michel Bouvier la culture du vin fait partie intégrante de notre civilisation. Elle n’est pas le fruit d’un savoir réservé à des experts ou à des initiés mais bien à chacun. En effet chaque civilisation présente des caractères propres avec une dimension religieuse, esthétique, ou technique.

En ce sens, le but de cet article est de montrer que la culture du vin représente un enjeu de civilisation et possède une dimension technique, esthétique et même religieuse. L’histoire du vin est inséparable de l’histoire des hommes.

I – Le rapport entre l’homme et le vin : un enjeu sacré 

a – Durant la période antique 

Le vin est pour l’Antiquité un produit sacré, il sert aux offices religieux et est en rapport avec le divin. Il est représenté dans la Grèce antique par Dionysos, dieu du vin et de l’ivresse. Il est ici un objet du culte mais aussi un produit culturel. Le vin est un symbole de résurrection puisqu’après avoir donné une abondante vendange il semble mourir en hiver pour renaître au printemps. Dès lors le vin est un produit divin.  

Les rites organisés en Grèce comme les fêtes de Dionysos servaient à la cohésion sociale. Il s’agissait d’un grand événement où le peuple était intégré et communiait ensemble. Le vin et sa dimension religieuse étaient donc associés à la politique.

 Célébrées dans toute la Grèce, mais aussi en Égypte et à Rome, ces fêtes donnaient lieux à des représentations théâtrales. Cependant, l’alcool embrumait les esprits de la population et des débordements eurent lieux, comme des orgies ou des violences. Ces rites et ces fêtes appelés alors les «  bacchanales » furent temporairement interdits mais plaçaient le culte du vin comme un produit de cohésion social et de partage collectif. Le vin est alors associé à la civilisation occidentale.

b – Le vin et les religions monothéistes 

Le judaïsme utilise le vin dans leurs rites comme durant le Shabbat ou la Pâque.   

La Bible donne une place importante au vin puisque le livre cité le produit 443 fois. Ce chiffre considérable révèle l’importance du vin et sa symbolique divine. Nous pouvons observer un exemple de ce culte accordé au vin dans la religion chrétienne, avec le magnifique tableau des Noces de Cana peint par Paul Véronèse à la renaissance et exposé aujourd’hui au Musée du Louvre, ou selon les écritures le Christ aurait changé l’eau en vin. Dans le même ordre d’idée, la symbolique du vin atteint son paroxysme lors de la Cène, le dernier repas du Christ où le vin est assimilé au sang du Christ.

En ce qui concerne l’islam, le vin représente une récompense que les croyants obtiendront au paradis .
Ainsi le vin s’installe définitivement dans notre civilisation au rang d’un produit sacré, fruit d’une technique élaborée et d’une symbolique divine. La théologie chrétienne du Moyen-Age ( 476-1453) domine l’espace mentale occidentale de l’époque et place le vin au rang d’un produit sacré.

Ainsi nous avons vu que le vin est inséparable de l’histoire humaine. La civilisation occidentale a fait du vin un enjeu religieux en le plaçant au cœur des rites. Cependant pour véhiculer cette symbolique, l’art et la culture doivent prendre le pas sur la religion la représenter. Le vin pour devenir une œuvre d’art s’ancre dans la culture.   

II – La culture du vin est un art

Quelle forme d’art n’a pas mis à l’honneur le vin? Que ce soit la peinture, la sculpture, la gravure, la littérature, le cinéma, la poterie ou l’œnologie, le vin prend une place importante. Pour célébrer de grandes occasions ou pour glorifier des exploits, le vin est un lieu de communion idéal.

Le première forme d’art à chanter la beauté du vin est bien le théâtre tragique de l’Antiquité. C’est en effet la tragédie grecque avec le figure de Dionysos qui célèbre la majesté du vin dès sa première représentation en -534.

Dès lors les plus grands poètes et écrivains, de Virgile à Casanova en passant par Rabelais et François Villon ont magnifié l’art du vin.

Nous pouvons sûrement décerner la palme du meilleur mot à propos du vin à deux philosophes :

D’abord Voltaire, sur « le vin de champagne » comme on le disait à la cour de Versailles  :

«  De ce vin frais l’écume pétillante
De nos Français est l’image brillant »

Enfin à Gaston Bachelard, donnant une définition des effets du vin  :

« Le vin délivre les cœurs de leur peine, c’est pourquoi les sages la nomment la clé du verrou des tristesses. J’aime cette liqueur de pourpre. Elle flétrit la face du souci et elle enfante l’allégresse ».

Les beaux mots ne seraient-ils réservés qu’aux français? Peut être pas. Toutefois la France s’est imposée comme un des leaders mondial du vin. Ce produit est une spécialité française partagée par les chefs d’états, qu’ils soient roi, empereur ou président.

Le vin est inscrit dans les terroirs français, c’est un produit d’excellence ancré dans une tradition, un héritage. Il est le reflet d’une culture, d’une civilisation et d’une conquête permanente de modernité. Le vin fait rayonner la France et lorsque nous voyageons dans ces régions et villages, le vin est la référence de leur savoir-faire.
Cette spécialité est un héritage millénaire pour la France qui est un des premiers producteurs et exportateurs de vin.
Cette influence atteint 30% de part du marché mondiale. La qualité des vins et du savoir-faire français est l’une des plus forte et la concurrence est rude.
Toutefois, grâce à une culture et une philosophie de l’excellence, ces vins de toutes les régions viticoles sont servis sur les grandes tables, les postes diplomatiques et les palais de la République lors des dîners officiels.

Ainsi le vin est un produit de civilisation, de rayonnement culturel, et économique. L’histoire du vin est celle des hommes.

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Sols, Climats, découvrez leurs impacts sur le vin

Souvent sous-estimé voire inconnu, ces deux facteurs sont deux paramètres essentiels à la culture de la vigne et la compréhension des vins. La vigne exige des conditions très particulières afin d’être cultivée de manière optimale. Exigeante, elle ne peut pousser qu’entre la 28e et la 50e latitude sous un climat relativement tempéré. Malgré les progrès incroyables et les prouesses techniques qui font que l’on parvient à cultiver la vigne dans des pays improbables tel que la Thaïlande ou Cuba, la liane la plus domestiquée du monde ne produit pas ses meilleurs fruits dans de telles conditions.

Les terroirs, correspondant à une combinaison de sol mais aussi de climat, sont différents selon les continents, les pays, les régions et même à quelques mètres seulement ! Comprenez avec nous les impacts de ces sols et climats.

I – Une histoire millénaire pour les comprendre

Vous l’aurez compris, la vigne, qui a tant fasciné les hommes à travers les siècles et qui a pu être un véritable signe de civilisation, n’a pas pu s’ériger sur tous les sols. Les conditions de culture de la vigne sont relativement complexes. A en croire la diversité des vins, ce n’est pas une chose facile à comprendre. En effet, cela a demandé des siècles et des siècles mais aussi et surtout beaucoup d’acteurs.

Au départ cultivée sur les terres iraniennes mais surtout géorgiennes, la vigne s’est majoritairement répandue grâce aux Grecs et Romains. Ils ont pu comprendre où la vigne pourrait s’implanter et être cultivée. Mais ce sont les moines et autres religieux qui ont réellement compris l’importance des sols et la diversité des climats. La première distinction claire a eu lieu à l’époque de Charlemagne lorsque les moines ont reçu des terres en Bourgogne et ont décidé de les séparer en diverses parcelles. Ces parcelles sont encore conservées en Bourgogne et s’appellent « climats » localement. Cette définition correspond de manière universelle à celle du mot terroir. C’est à partir de ce moment que l’on a compris et analysé les différences profondes entre des terrains extrêmement proches.

Aujourd’hui encore, les différents spécialistes continuent d’étudier afin de comprendre au mieux ces sols et climats, mais surtout de comprendre les exigences de la vigne. Cultivée dans le monde entier en plaine ou en coteaux, la domestication aura pris son temps. C’est grâce à cette histoire qu’aujourd’hui des passionnés sont capables de créer des vins d’excellence. De manière évidente, les vignerons ont une responsabilité énorme et un mérite particulier, mais eux aussi passent parfois plus d’une vie pour comprendre leurs sols afin d’en tirer le meilleur selon les millésimes. Dans cette logique, on retrouve une chose essentielle, il s’agit de l’héritage et de la transmission.

II – Des conditions particulières

La vigne est difficile et exige des conditions très particulières. Pour cela, les coteaux ont fait leurs preuves. En effet, ils rassemblent plusieurs propriétés techniquement bénéfiques pour la vigne. Tout d’abord, la diversité de sols. Effectivement, sur un coteau, on peut observer une diversité de sols et de sous-sols (tout aussi importants) entre le haut et le bas du coteau. Cette diversité est très appréciée par la vigne. De plus, son inclinaison particulière peut permettre une exposition très intéressante pour la vigne. Par exemple, dans la vallée du Rhône septentrionale (ou Vallée du Rhône Nord), la colline de l’Hermitage est la seule exposée plein sud, c’est en partie ce qui rend ce cru exceptionnel. C’est ici que le lien entre climat et sol se fait.
L’alimentation constante en eau et à faible quantité est très appréciée par la vigne. Cependant, la France interdit l’irrigation contrairement à beaucoup de pays du Nouveau Monde. C’est grâce à cette réglementation que nous pouvons avoir des différences entre chaque millésime et c’est ainsi que la nature reprend ses droits. Pour pallier à cela, le sous-sol doit être adapté à la situation géographique de celle-ci. En effet, sur des climats où les pluies sont fréquentes, un sol et un sous-sol avec une faible rétention d’eau sera très bénéfique à la vigne. Leur perméabilité permettra ainsi à la vigne de s’alimenter suffisamment en eau en la laissant « travailler ». On recense dans cette catégorie les sols sur alluvions gravelo-sableuses. A l’inverse, où les pluies sont rares, des sols rétenteurs d’eau permettront à la vigne d’être alimentée en période aride. C’est l’exemple du calcaire.
La profondeur des racines dépendra de ces sols. Elle sera plus profonde sur les sols avec une faible rétention d’eau que ceux avec forte rétention d’eau.

III – Les types de sols

Le lexique n’est pas forcément le plus simple pour les sols. C’est pour ça que nous ne détaillerons pas trop ceux-ci. Afin que vous puissiez comprendre leurs enjeux sans trop rentrer dans les détails ! Et aussi parce que nous ne sommes pas géologues 😉 Il y a près de 30 variétés de sols de manière générale. Ce qui est relativement impressionnant et qui permet d’avoir une palette intéressante pour créer des cuvées différentes.
Les sols argileux sont très connus, notamment sur le terroir du réputé Château Petrus (mélangé à un sol de graves). Il ralentit le murissement du raisin car il est relativement froid. On le retrouve sur la rive droite du bordelais notamment.
En Bourgogne et notamment à Chablis, se trouvent les sols calcaires. Connu pour produire des vins d’une extrême finesse, ils font particulièrement travailler la vigne car ils ne retiennent pas l’eau à long terme.

A l’inverse, les sols crayeux laissent couler l’eau en profondeur avant de l’absorber. Elle alimente la vigne de manière constante et en petite quantité. Idéal ! Ces sols sont très appréciés pour les blancs dans les régions du Nord tel que la Loire ou la Champagne.
La marne est une sorte de mélange entre argile et calcaire. Une combinaison qui s’exprime à merveille et offre des terroirs d’exception. Ils allient puissance et finesse.
Parlons local ! Les sols du Beaujolais et de la Vallée du Rhône sont à dominance granitique. Ils permettent d’exprimer le fruit mais aussi la gourmandise et des arômes minéraux. Plus au sud de la Vallée du Rhône, on retrouve les galets roulés. Son principal ambassadeur ? Châteauneuf-du-Pape évidemment ! Ils ont la particularité d’accumuler la chaleur pendant la journée et de la restituée pendant la nuit. La vigne doit ici travailler pour aller chercher les nutriments nécessaires à son bon développement.

Les graves, sols véritablement associés à la région bordelaise et plus particulièrement sur la rive gauche. Il s’agit d’un mélange entre galets, sables et argiles. Comme les galets roulés, la chaleur est emmagasinée la journée et restituée pendant la nuit. Ce terroir est réputé pour fournir des vins avec une belle capacité de garde.
Terroir majoritairement associé au Languedoc Roussillon, les sols schisteux se retrouvent également en Côte Rôtie (Vallée du Rhône Nord) mais aussi en Loire en Anjou. Ce sont des sols qui apportent beaucoup de nutriments à la vigne.

IV – Les climats

Les climats sont moins difficiles à retenir car ils correspondent aux climats basiques. Ce ne sont pas des termes spécifiques au vin. Ils ne sont pour autant pas moins important et conséquent. En tant que facteur essentiel, ils agissent sur le choix des cépages et dictent les millésimes. Sécheresse, trop de pluie, trop nuageux, gels… autant de facteurs qui peuvent gravement nuire à un bon millésime.

On recense en France 4 types de climats principaux. Le climat montagnard, avec des hivers très froid et des étés frais. On retrouve sur ce type de climat des cépages assez spécifiques tels que dans les régions de la Savoie, du Jura ou encore des Pyrénées. Le climat continental, caractérisé par des été chauds et secs ainsi que des hivers froids se retrouve notamment en Bourgogne et Vallée du Rhône Nord (la Vallée du Rhône Sud bénéficie d’un mistral particulier). On parle également de climats semi-continentaux lorsqu’il peut avoir des influences atlantiques ou méditerranéennes tel que la Champagne. 

Le climat méditerranéen est particulièrement favorable à la culture de la vigne. On le retrouve dans le Sud de la France que ce soit en Provence ou dans le Languedoc mais aussi dans certaines régions d’Espagne et d’Italie. Un été chaud et un hiver doux, voilà ce qui représente pour le mieux ce climat. Plus frais mais relativement chaud en été, le climat atlantique est également typé par des précipitations importantes tel que dans le Bordelais et le Portugal. Les éléments qui distinguent les différents climats et qui en font leur typicité sont majoritairement la température, l’exposition au soleil (nombre de jours par an) et la pluviométrie (nombre de mm d’eau par an). On distingue à l’intérieur de quelques régions, des microclimats. Ils correspondent en réalité à des terroirs particuliers au milieu d’autres terroirs. Ils bénéficient d’une exposition particulière, d’un sol différent des autres et se distinguent ainsi des autres terroirs. Ils sont souvent nommés par des lieux-dits (ou climat en Bourgogne). Pour ne citer que le plus connu, la Romanée Conti dispose d’un véritable microclimat.

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Comment Lyon est-elle devenue la capitale de la Gastronomie ?

Comment Lyon est-elle devenue la capitale de la Gastronomie ?

« Lyon est la Capitale Mondiale de la Gastronomie »
Curnonski

Grand critique culinaire, « prince des gastronomes ».

Depuis la période gallo-romaine, Lyon n’a cessée d’être au centre des attentions. D’abord capitale politique dans l’Antiquité, la ville est devenue également un centre économique et culturel. En effet, la culture lyonnaise rayonne en France mais aussi dans le monde entier pour sa spécificité, son génie et son audace. La gastronomie est un des fers de lance du savoir faire lyonnais au point que la ville a été désigné comme « la capitale de la gastronomie ».

I – L’histoire de la ville de Lyon

A travers l’immense période que couvre le Moyen-Age jusqu’à la Renaissance, c’est à dire de 476 à 1453 jusqu’à la fin du XVIe siècle, la ville de Lyon est un lieu de passage obligé. En effet la ville propose une multitude d’activités comme les foires, des auberges pour leur servir à manger et de quoi dormir. Ces foires avaient lieues une fois par saison et attiraient des voyageurs de tout le royaume ainsi que des étrangers des peuples voisins. A cette occasions les aubergistes lyonnais présentaient sur leur étals, c’est à dire sur une table sur laquelle on présente les plats, leurs mets. Parmi ceux-ci nous pouvions découvrir ces fameux légumes que sont les cardons, devenus traditionnel dans la culture culinaire lyonnaise. Aujourd’hui encore nous apercevons rue du bœuf quelques une de ces belles auberges comme l’Hotel de l’Etoile ou encore l’Outarde d’Or, qui témoignent de cet héritage.   

Au XIXe siècle le réseau de transport se renforce et de nombreux voyageurs s’arment de guides touristiques pour visiter Lyon et ces fameux produits comme les châtaignes, les fromages et la charcuterie. En outre les visiteurs découvrent tout un panel de bons produits tels que les brioches, le chocolat ou la bière.
En 1859, « la matelote d’anguille » de la mère Guy occupe une place de choix dans la guide Joanne.
Ces femmes lorsqu’elles ouvrent leur restaurant, veulent travailler avec une carte simple qui ne change pas, avec des produits de grande qualité. Parmi les « Mères » nous pouvons citer la Mère Brazier. En avril 1921, elle ouvre son restaurant 12 rue royale. Cet établissent gagne vite en popularité. Le maire de Lyon, Edouard Herriot y a ses habitudes, et les visiteurs fins gourmets s’y précipitent.

La mère Brazier devient un grand nom. Elle ne tarde pas à ouvrir son deuxième restaurant au col de la Luère, à Pollionnay. Ce restaurant gagne rapidement une considération à l’internationale. C’est là ou Paul Bocuse fera ses classes .
En 1932, elle obtient 2 étoiles pour chacun de ses deux restaurants et en 1933, la Mère Brazier est triplement étoilée au Guide Michelin, à la fois pour son restaurant rue Royale et pour celui du col de la Luère. C’est une première dans l’histoire de la cuisine française.
Puis en 1930, de nouveaux plats font leur apparition comme la volaille de Bresse, encore à la mode de nos jours.

Toutefois la gastronomie lyonnaise voit sa qualité culinaire prendre de l’ampleur à partir des années 1930. La ville crée ainsi de nouvelles activités liés à la gastronomie. Parmi-elles nous trouvons la Semaine Gastronomique crée en 1932, rebaptisée Journées de la Cuisine Lyonnaises en 1935. En 1934 est fondée également la célèbre Foire de Lyon, qui offre une structure complète au service de la gastronomie avec le Palais de l’alimentation.
La réputation de Lyon comme cité mère de la gastronomie est faite. Il s’avère à présent de dévoiler son terroir d’influence, pour comprendre sur quoi repose son art.

II – Les terroirs et influences de la cuisine lyonnaise

La gastronomie lyonnaise se situe au carrefour de deux courants d’influences : celui du Sud, qui est provençal et méditerranéen, mais aussi celui du Nord, qui est lorrain et alsacien. Toute les cuisines y apportent leurs spécialités. Le sud est représenté par l’utilisation du beurre, de l’huile d’olive et des légumes primeurs, c’est à dire les premiers végétaux récoltés dans la saison et obtenus de façon naturel. Ceux-ci recèlent de caractéristiques gustatives appréciées car ils sont le plus souvent « tendres » et « fondants ».
En outre il faut avoir à l’esprit que Lyon est, pendant la Renaissance, un axe majeur en Europe du commerce des épices importées d’Orient.
De nombreux terroirs offre leur art culinaire à la ville. Aux alentours nous trouvons la Bresse célèbre pour ses volailles, le Bugey pour son vin et ses écrevisses, mais aussi pour sa fameuse sauce nantua tirée du lac de Nantua qui accompagnent les quenelles. A cela ajoutons les Dombes connue pour ces grenouilles issues de ces lacs. En ce qui concernent la viande, elle est délivrée au Nord dans la région du Charolais. Enfin le Beaujolais sert à Lyon un beau vignoble.

Si nous nous déportons à l’ouest, nous y trouvons les élevages des monts du Lyonnais. Elles produisent la charcuterie que les lyonnais appellent plus communément la cochonnaille, qui désigne le saucisson sec ou à cuire, les pieds de cochon, la rosette, la couenne, le jambon, ou encore le filet mignon, les terrines et pâtés de campagne. La liste ne s’arrête pas et se poursuit avec les grattons ou les rigottes, qui sont des petits fromages de lait de vache ou de chèvre.
Plus au sud nous découvrons les vins de la vallée de la Rhône qui viennent parachever les influences de la région lyonnaise. Ces terroirs viennent enrichir la gastronomie lyonnaise et gardent aujourd’hui leur prestige.

III – Que devient la capitale de la gastronomie aujourd’hui ?

C’est le regretté Paul Bocuse, dit « Monsieur Paul » ou encore le « pape de la cuisine » qui est le fer de lance de la gastronomie lyonnaise. C’est un Chef étoilé, élu meilleur ouvrier de France en 1961, proclamé « Cuisinier du siècle » par Gault-Millau en 1989. Il a su conférer à Lyon sa renommée gastronomique. En 1987, il crée le Bocuse d’Or. Il s’agit d’un des concours culinaires les plus prestigieux au monde et dont la finale est à Lyon. Il a lieu tous les deux ans, et s’inscrit dans le cadre du Salon International de la Restauration de l’Hôtellerie et de l’Alimentation de renommée mondiale.
Mais avec la disparition de ce géant, Lyon peut-elle conserver son titre tant convoité « de capitale de la gastronomie »?.
Lyon s’est construit avec Monsieur Paul, mais là où la vie de cet artiste de génie s’arrête le destin de son œuvre subsiste et Lyon en est le parfait exemple.

D’autres personnes ont cherché à accroître la renommée de la ville. Tel est le cas de l’association des « Toques Blanches Lyonnaise et de la région ». Depuis 1936 de grands chefs lyonnais se sont associés et aujourd’hui ils se nomment les « Toques Blanches Lyonnaise ». Leur projet ? Faire rayonner la gastronomie lyonnaise.
Ses membres viennent d’horizons différents : de la cuisine traditionnelle comme de la cuisine contemporaine ; de vieux lions et des jeunes montants. L’association, est présidée par de grands chefs tels que Pierre Orsi, Guy Lassaussaie, ou aujourd’hui Laurent Bouvier. Elle s’investit dans de nombreux évènements liés à l’art culinaire, comme lors du Sirha, et se trouvait en première ligne pour soutenir la candidature de Lyon au titre de Cité de la Gastronomie.
Ainsi le pape de la gastronomie s’en est allé mais la ville de Lyon garde sa renommée. En effet la métropole comptabilise 4000 restaurants dont 20 chefs étoilés.
Ainsi de nombreux projets autour de la gastronomie lyonnaise sont envisagé comme la cité internationale de la gastronomie.

Quel est ce projet ?

Au cœur de l’Hôtel-Dieu fraîchement rénové, l’art de la haute gastronomie sera mis à l’honneur. En effet sur 3900 m² repartit sur 4 étages, la Cité internationale de la gastronomie proposera des lieux d’expositions temporaires et permanentes mais aussi des espaces d’expérimentations ou de nombreux chefs reconnus mijoteront de bons mets. Le Chef 3* du restaurant Régis et Jacques Marcon, à Saint-Bonnet-le-Froid dans la Loire, fera partie de ceux qui animeront la cité. Il s’agira de développer un lieu de découverte et de transmission autour du bien manger, qui favorisera les innovations et expérimentations entre producteurs et chefs cuisiniers.
Ainsi la Cité internationale de la gastronomie, qui ouvrira ses portes en 2019 viendra renforcer le statut de Lyon comme « Capitale mondiale de la gastronomie ».
L’histoire de lyon s’est forgée à travers des restaurants typiques. Certains ont traversé les siècles. C’est le cas de la brasserie Georges, installée depuis 1836 sur le cours de Verdun, ou encore du grand café des négociants installé aux Cordeliers depuis 1864.

L’histoire de lyon s’est forgée à travers des restaurants typiques. Certains ont traversé les siècles. C’est le cas de la brasserie Georges, installée depuis 1836 sur le cours de Verdun, ou encore du grand café des négociants installé aux Cordeliers depuis 1864.

Ajoutons encore le cas des célèbres « bouchons lyonnais ». Ils symbolisent la gastronomie lyonnaise. Comment définir un bouchon ? C’est d’abord une ambiance, celle de la tradition lyonnaise avec les marionnettes guignols au cœur du vieux Lyon, arrosé d’un beaujolais et agrémenté de ce que l’on appelle la « cochonnaille ». Les produits lyonnais y sont cuisinés avec art.
Toutefois en son origine, le bouchon était réservé aux « canuts » qui travaillaient très tôt le matin. En milieu de matinée, vers 9h ils appréciaient prendre leur « casse-croûte » situé jadis au quartier de la Croix-Rousse, c’est à dire d’un petit repas composé des restes de laveille. Ces restaurants ont certes bien évolué mais ont marqué à jamais l’histoire de Lyon.

IV – Lyon et la splendeur de ses vins

En effet le vin est une des grandes fiertés de la ville. Léon Daudet louait le vin du beaujolais par ses propos : « Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le beaujolais qui n’est jamais limoneux et à sec ».
Ces quelques mots de l’écrivain rendent hommage à une région viticole chargée d’histoire. La région était déjà réputée pour ses vins durant la période gallo-romaine. Les vignes se rapprochent se Lyon jusqu’à atteindre Fourvière au Moyen-Age. Elles furent développées sur les pentes de La Croix Rousses ainsi que sur la colline de Sainte-Foy-lès-Lyon. Elles ont aujourd’hui disparue. Elles se situent actuellement sur trois ensembles. Citons le beaujolais, puis les coteaux-du -lyonnais et enfin les Coteaux du Rhône.

Comment se caractérise ces vignobles ?

Le vignoble du beaujolais produit presque exclusivement du vin rouge. Seulement 1% de la production se porte sur le vin blanc et vin rosé. Toutefois il existe plusieurs sortes de beaujolais. En effet la majeure partie des beaujolais concerne le beaujolais simple, il s’associe avec plusieurs combinaisons d’aliments et s’adapte à différents styles de cuisine. Il existe également le beaujolais village. Celui-ci est d’avantage fruité. Enfin évoquons les dix crus du Beaujolais avec : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte-de-Brouilly, Saint Amour, Juliénas, Fleurie, Moulin-à-vent, Régnié et Morgon.
Ces vignes occupent 75 600 hectares et produisent trois millions d’hectolitres de vin chaque année.
Pour le reste le vignoble est répartit sur deux vallées : au nord la Vallée du Rhône septentrional, allant de Vienne à Valence ; au sud la Vallée du Rhône méridional, allant de Montélimar à Avignon.

Parmi les grands crus du nord de la Vallée du Rhône nous pouvons trouver à proximité de Lyon à hauteur de Vienne : le Côte-Rôtie, le Condrieu et le Château-Grillet. Si vous êtes un peu plus curieux vous retrouverez à hauteur de Tournon : le Saint Jospeh, le Crozes-Hermitage, l’Hermitage. Puis si vous êtes téméraire vous trouverez au niveau de Valence le Cornas et le Saint Péray.
Quant au vignoble méridional de la vallée du Rhône, il recouvre 71 000 hectares et produit 2 840 000 hectolitres par an.
Le principal vin du vignoble méridional des Côtes-du-Rhône est l’AOC Chateauneuf-du-pape. Il s’agit d’un des plus grands crus français. Il remonte au XIVe siècle ou le pape Jean XXII crée le vignoble. Ce cru s’étend sur 3000 hectares et produit 100 000 hectolitres par an dont plus de 90% de rouge. Bénéficiant d’un mistral, plusieurs AOC du sud de la Vallée du Rhône ne nécessite pas de traitement ou très peu. Ainsi, beaucoup de domaines sont en bio, biodynamie ou bien en agriculture raisonnée. D’autres appellations remarquables mais moins connue tels que le Gigondas, Vacqueryras ou encore Ventoux gagnent en réputation chaque année.

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Le climat de ces vallées est méditerranéen. Il est associé à la diversité des sols qui leur permet d’enrichir leurs terroirs avec des produits atypiques. Dans notre prochain article, vous découvrirez les secrets des sols et climats… A suivre! 

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