L’art et le vin : Le vin comme compagnon de l’artiste

L’art et le vin : Le vin comme compagnon de l’artiste

Selon de nombreux auteurs et philosophes, l’art détient une fonction nécessaire à l’Homme. L’art est un outil d’expression auquel Hegel expose l’effet libérateur de nos passions profondes. Même si l’art peut engendrer la reconnaissance, il est aussi utilisé pour oublier qui nous sommes. En effet, si l’artiste est révolté, ses peintures en seront le reflet. L’art est retranscrit dans l’imaginaire collectif comme étant attaché à la figure du génie, de l’inventeur marginal qui réalise des œuvres dominées par ses passions et sa soif de liberté. En sachant que l’alcool désinhibe et supprime les barrières mentales, il n’est pas rare de voir le vin dans les œuvres de certains artistes ou coulant dans le sang de ces derniers. Le vin est et sera toujours un produit qui passionne.

I. Quand le vin nourrit la créativité de l’artiste.

« Boire du vin, c’est boire du génie. » nous accorde Charles Baudelaire.  

Au sein des représentations pittoresques du vin, servi lors de banquets ou de repas champêtres, ce dernier incarne la réjouissance, le partage et la festivité.

Au-delà de cet aspect, le vin s’avère aussi être une des clés d’inspiration des artistes. Le rôle du vin n’est alors plus seulement relatif à la symbolique sociale et esthétique exprimées visuellement ou auditivement dans les œuvres ; comme il est remarquable dans “Le déjeuner des canotiers” de Pierre-Auguste Renoir. Mais le rôle du vin ne s’arrête pas là. Il est bel et bien lié à l’impulsion créative et sensible donnée à l’artiste lorsqu’il érige celle-ci. Que l’œuvre ait un lien direct avec le vin, de par sa couleur, sa forme, ou qu’il ait simplement déclenché des sensations et libéré des idées, nous pouvons affirmer que le vin a la faculté de nourrir les passions de l’artiste.

II. Quand le vin consume l’artiste

« Le domaine de la peinture n’est pas en reste et on ne compte plus le nombre d’artistes ayant trempé leurs pinceaux dans le vin, le gin ou la vodka. »

Malheureusement, le vin accompagne un bon nombre d’artistes et ce depuis toujours.

L’ivresse est un sujet majeur fin XIX e siècle comme nous illustre diverses représentations, telle que l’œuvre de l’artiste James ENSOR Les ivrognes, de 1883. Au travers de cette peinture, le peintre évoque la dureté de la vie avec un panel de gris et de noir et la fade réalité entachée par l’alcool, comme nous illustre la bouteille de vin, seule, au centre du tableau. Les artistes transposent l’alcool dans leurs peintures, comme reflet de leurs vies difficiles. Qui d’autre que Van Gogh ou encore Modigliani nous permettent d’illustrer ce côté marginal et incompris des artistes. Modigliani artiste maudit, abîmé par la drogue et les excès fut consumé par l’alcool. A cet égard, l’artiste qui a son propre monde n’est pas un mythe. Nombreux artistes sont confrontés à la dépression, utilisant comme solution à tous leurs maux ; drogue et alcool. C’est ce que nous témoignent de multiples œuvres. L’ivresse est à l’artiste, ce que l’eau est au désert ; un mirage.

III. Quand le vin se lie/ s’allie à l’art

A – Quand le vin rencontre l’art

Bacchus fait sûrement partie des légendes les plus palpitantes de notre histoire ! Selon la mythologie, il est connu sous le nom de Bacchus par les romains, et Dionysus chez les grecs. Nourri et protégé par la vigne, Bacchus est le dieu du vin. Il est le fils caché de Jupiter et Sémélé, arrachée au ventre de celle-ci et cousu sur la jambe de son père Jupiter. En effet, il grandit dans la méfiance et échappe au sort de Junon l’épouse légitime, en se métamorphosant en serpent, jeune fille, et bouc. Invitant les mortels à se compromettre pour toucher à la luxure et aux excès, Bacchus est le symbole de la libre assomption du désir et du plaisir. Néanmoins, au-delà du vin, Bacchus respire l’art. Dieu du vin et des plaisirs, il est le père de la danse et du théâtre. Sujet favori des artistes, au XVI e siècle, Bacchus est représenté par le peintre Michelangelo Merisi da Caravaggio, sur une toile. On peut voir, Bacchus tenir dans sa main gauche un élégant verre vénitien contenant du vin. Une carafe remplie de ce même liquide se trouve posé sur un drap blanc. Le vin est vénéré. Il est source d’élixir sacré et hautement considéré par les artistes.

B – Quand le vin épouse l’art

Les danses enivrantes des banquets orchestrés par Bacchus placent à nouveau le vin au centre des festivités. C’est ainsi que l’ivresse et les plaisirs sont partagés. Notons alors la relation étroite entre la musique et le vin. A l’époque de la Renaissance, les scènes de couples, la coupe de vin à la main, entrelacés au rythme des notes jouées, sont l’objet de gravures et de peintures.

D’ailleurs, les musiciens sont souvent représentés, accompagnés d’un verre de vin. Gérard Van Honthorst nous illustre “Les Chanteurs”. D’un point de vue contemporain, le cinéma a su façonner la vigne. Pour ce premier, le vin est un symbole social qui inscrit l’œuvre dans la réalité. En effet, le vin fait partie intégrante de notre culture et, au travers du grand écran, il crée ainsi un lien de proximité avec le public.

Pour la vigne, c’est un honneur d’orner les scènes cultes de grands films ; “Le Grand Restaurant” – 1966, “Les Visiteurs” – 1993. Ses attributs sont mis sur le devant de la scène, face à un public divers et qui évolue de génération en génération. Cela lui procure de la reconnaissance et du prestige. De plus, le vin est souvent présenté au cinéma comme objet de partage, de joie et d’excellence ; une vision mirifique que la vigne est heureuse d’incarner aux yeux de tous.

Comme nous le fait remarquer Aristote « L’art et le Vin sont les joies supérieures des hommes libres. » Ces deux mondes sont liés depuis l’Antiquité. Des artistes ont puisé leur inspiration dans ce liquide rouge. C’est avec les Lumières que le vin évolue vers une reconnaissance artistique ; il est sensibilité et émotion. Ainsi, le vin tient dans les arts une place importante tant dans le théâtre, les danses, que la peinture, et la gravure.

Écrit par l’équipe du pôle rédaction

Laurine Chanel Responsable pôle rédaction/ Vice-présidente
Ainsi que Emma Dupont et Pierre Chanzy

La place du vin dans la religion

La place du vin dans la religion

Selon l’auteur, Georges Ferré « Le désir du vin se convertit au désir divin. » Depuis la nuit des temps, le vin a une place prépondérante dans la vie religieuse de l’Homme. Il a été banni, honoré puis détesté.

Ce doux breuvage a été tellement apprécié que les hommes lui ont voué un culte. En effet, Bacchus en est la divinité antique la plus célèbre. Néanmoins, dans diverses religions le vin est adopté alors que dans d’autres, il est proscrit. Ainsi, le vin est et sera toujours confronté à des polémiques. Dans certaines religions, il occupe une grande place au sein même des rites religieux ; c’est le cas du christianisme, où le vin n’est autre que le sang du Christ. Cela soulève de nombreuses questions sur la relation qu’entretiennent le vin et les principes religieux.

Pour explorer ce vaste sujet nous nous pencherons tout d’abord sur l’origine du vin, qui est en effet ; un objet de bien des légendes. Puis nous nous questionnerons sur la perception du vin et son évolution sur le plan de la religion.

I. L’origine du vin, l’objet de bien des légendes.

Le vin est à la fois, une source d’inspiration et l’incarnation de divers semblants et semblables. Il est apparu très tôt dans nos écritures, légendes et mythes.  Ce sont ces mêmes histoires, grandes ou plus modestes, qui l’érigent et font ce qu’il est aujourd’hui. Trois d’entre elles sont incontournables; les voici:

A – Le vin en Égypte : Osiris plante les premières vignes

Osiris, grandement considéré en Egypte, incarné le fils du ciel et de la terre. Il est premier à planter la vigne. Il s’avère que sur les fresques égyptiennes, le vin rouge symbolise le sang d’Osiris.

 Par la suite, les fêtes religieuses se clôturent par des banquets au cours desquels hommes, femmes et prêtres, boivent de grandes quantités de vin, écoutentes musiciens en admirant des danseuses dévêtues.

B – Dyonisos, créateur du vin en fuite

Dans le même esprit de festivité, à Thèbes en Grèce, sont organisés des festins : les dionysiaques.

C’est alors que Dionysus est victime des menaces du roi. En effet, les conservateurs, garant de l’ordre et de la droiture voient dans les effets du vin la débauche : ils s’y opposent et l’interdisent.

C – La vigne : trésor sauvé des eaux par Noé

Tandis que le vin revêt l’incarnation des plaisirs, dans l’Ancien Testament on lui confère diverses connotations. D’ailleurs,  les mots “vin” et “vigne” apparaissent des centaines de fois. Cette étroite relation a pour racines “Le Déluge” qui marque un terme à la traversée de Noé à bord de l’Arche et la naissance du vin. La Bible fait de Noé le premier viticulteur de l’histoire de l’humanité, le père du vin. Mais Noé en découvrit aussitôt les effets désinhibiteurs: “ayant bu du vin, il s’enivra et parut nu dans sa tente”; son fils Cham l’ayant vu et n’ayant pas détourné son regard sera maudit par Noé, réveillé de son ivresse.

Peu à peu émergea une lutte :

“Gaîté du cœur et joie de l’âme, voilà le vin qu’on boit quand il faut et à sa suffisance. Amertume de l’âme, voilà le vin qu’on boit avec excès par passion et par défi.” – Ecclésiaste, III av-JC.

II. La perception du vin, l’évolution sur le plan de la religion

Depuis l’Antiquité, les religions sont toujours étroitement liées au vin. Ce-dernier, objet de pratiques rituelles et sacrificielles, se retrouve aujourd’hui au centre des trois religions monothéistes que sont le christianisme, le judaïsme et l’islam. Mais quels sont les regards portés sur ce breuvage, symbole du festin, de la fête, de la joie ?

A – Le vin chez les chrétiens : la religion voit double

Deux visions se détachent au sein de la religion chrétienne. Tout d’abord, l’Ancien Testament blâme le vin en raison de l’image qui lui est associée : il renvoie au nu, à une sexualisation de la religion et aux punitions accordées à la transgression.

S’il tend à être diabolisé, le vin se voit accorder une toute autre image au sein du Nouveau Testament. Alors sacralisé, c’est du sang du Christ dont il est désormais question. Le vin est passé d’une sexualisation à l’une des plus grandes substantiations incarnées lors de la communion.

B – Le vin et le judaïsme : symbole du salut du peuple juif

Ayant des racines communes avec cette religion, le judaïsme accorde également une dimension importante au vin. Bénir le vin est un rite avant de s’en imprégner.  On retrouve par exemple le Kiddouch, une bénédiction récitée lors du Shabbat et autres fêtes juives afin de sanctifier le vin avant de le déguster. Durant le séder, un rituel juif propre à la fête Pessa’h symbolisant la libération des juifs de l’esclavage en Égypte, c’est alors une obligation pour le peuple juif de boire quatre coupes de vin. 

C – L’islam ou la prohibition du vin

À l’inverse, au sein de l’islam, c’est une toute autre vision qui est portée sur le vin. Il revêt un caractère bien plus péjoratif et critique pour cette religion. En effet, parce qu’il mène à l’ivresse et la désinhibition, l’Islam a condamné le vin et le proscrit dans nombre de sourates. Le Coran dit : « Ne vous approchez pas du vin. » Les docteurs de la loi expliquent que les boissons qui en quantité mènent à l’ivresse sont interdites. Cela veut dire que même en petite quantité il n’est pas autorisé. Même si d’après certains versets, au paradis, il y a du vin pour les croyants, ce-dernier ne provoque néanmoins aucun désagrément tel qu’on le vit dans ce bas monde. 

            Même si les religions ont toujours été intimement liées à ce breuvage millénaire, ce sont des visions divergentes qui sont portées et qui en font un objet de tant de légendes.   

 Vous l’aurez compris, le vin est à la fois, ce qui nous lie et nous éloigne. Ce liquide sacré a influencé multiples histoires et pensées religieuses. De plus, l’origine du nom « Nuits-Saint-Georges », célèbre appellation de Bourgogne viendrait en effet, du fait que « de Saint-Georges »  est lié à la production de vin et qu’au IV e siècle, Philibert de Mollans aurait apporté à Nuits les reliques de G. De Lydda, martyr chrétien, qui fut persécuté par l’empereur Dioclétien.  Ainsi, les appellations telles que Nuits-Saint-Georges ou encore Saint-Emilion nous prouvent que la religion est un marqueur de la vigne et du vin, comme le vin l’est tout aussi bien dans les rituels religieux.

Écrit par l’équipe du pôle rédaction

Laurine Chanel Responsable pôle rédaction/ Vice-présidente
Ainsi que son équipe:
Emma Dupont
Héloïse Reboul
Pierre Chanzy
Eugénie Lioger
Thomas Rigault
Agathe Dugardin