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Dom Perignon, Le moine qui redore l’image de la Champagne

Dom Perignon, Le moine qui redore l’image de la Champagne

Dom Perignon, Le moine qui redore l’image de la Champagne

Quel est le point commun entre Blair Waldorf de Gossip Girl, James Bond et la maison LVMH ? Tous ont croisé le chemin de Dom Pérignon sous sa forme effervescente.

Mot de l’auteure : Après un mois d’absence je reviens vers vous. Je sors de ma machine à remonter le temps et je vous propose une histoire vieille de Louis XIVe. Je lève mon verre au soleil qui arrive, à l’été qui pointe son nez et dont on peut profiter hors de nos murs. Alors, bonne dégustation.

🎙 Écouter ici : Dom Perignon

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Dom Pérignon : le moine qui redore l’image de la Champagne

« Boire du Champagne c’est boire des étoiles. » Cette drôle d’expression est attribuée à un moine qui aurait révolutionné la perception de sa région au 17e siècle : le fameux Dom Pérignon. Tout débute en 1638 lorsque Pierre Pérignon, enfant d’un couple de bourgeois de Chalon-en-Champagne est baptisé. Il grandit au milieu de 6 frères et sœurs. Il foule les vignes dès sa prime jeunesse, puisque son père est propriétaire d’un vignoble qu’il n’exploite pas. Pierre Pérignon participera cependant aux vendanges annuelles jusqu’à ce qu’il intègre le collège jésuite de sa région. En 1658 il est fait moine et sera ordonné prêtre en 1667 à l’Abbaye Saint-Pierre d’Hautevilliers, dans la Marne. L’histoire du moine que nous connaissons tous aujourd’hui débute ici. On dit de Dom Pérignon qu’il est l’inventeur du vin pétillant, le père de la mise en bouteille et le créateur du bouchon de liège. Ce n’est pas tout à fait le cas. Ce que l’on ne dit pas en revanche, c’est que le moine est le précurseur de l’œnologie moderne, l’inventeur du négoce actuel et l’homme qui aura perfectionné la méthode champenoise.

Découvrons dès maintenant le portrait de ce moine bénédictin qui, sans le vouloir, a permis de hisser les vins de sa région, sur la table du Roi Soleil.

Dom Pérignon, les prémices du renouveau de la Champagne

La vie des moines bénédictins dont il rejoint la congrégation est simple car rythmée par trois éléments : la lecture des Saintes écritures, la prière et le travail manuel. C’est ce dernier détail qui pêche.

Lorsque Dom Pérignon arrive à l’Abbaye il fait face à la situation suivante : la congrégation est faible. Ainsi l’établissement est en piteux état, le vignoble de 12 ha est en friche et les instruments de vinification sont hors d’usage. Dom Pérignon est nommé intendant-cellier. Il supervise l’ensemble des activités d’entretiens de vignes, tient à jour les stocks de vivres de l’abbaye et assure les rapports avec les paysans environnants venant payer leur dîme en nature – car rappelons-le, nous sommes sous la Monarchie Absolue, le tiers-état doit donc reverser une redevance au clergé.

Ainsi le moine Dom Pérignon ne prend pas son poste dans la meilleure des situations. Mais il s’attèlera à redorer l’image des bénédictins. L’ensemble de la congrégation redoublera d’effort alors jusqu’à hisser les vins de Champagne sur les tables royales. Et cela nous amène directement à ce pourquoi Dom Pérignon est aujourd’hui si célèbre : le Champagne.

Dom Pérignon, l’homme qui n’a pas inventé le Champagne

Il faut que je vous explique concrètement comment est fabriquer le Champagne.

Le Champagne c’est un produit issu de deux types de fermentations. L’une est une fermentation classique, qui permet de transformer le jus de raisin en alcool : on parle de création de vin tranquille. Aujourd’hui, on incorpore des levures lorsque le vin tranquille est mis en bouteille. Cette dernière va lentement se consumer elle-même dans la bouteille, créant du gaz : c’est ce qui forme les bulles. On passe donc d’un vin tranquille à un vin pétillant. Notez qu’il n’y a qu’en Champagne que l’on peut faire du Champagne, les autres régions viticoles produisent du pétillant ou du crémant.

Si vous me suivez toujours sachez que ce n’est pas Dom Pérignon qui invente cette technique. En effet, il apprend la méthode de création des pétillants à Limoux, près de Carcassonne lors d’un pèlerinage. Et comme je vous l’ai dit, les vins sont mis en bouteille pour la fermentation et pétillent à l’issue de cette dernière. Le problème ? Les bouteilles explosent sous la trop forte pression.

Vers l’année 1660, Dom Pérignon rentre à l’abbaye et pratique ces notions dans ses propres caves. Les bouteilles explosent tout autant. Ne sachant pas expliquer ce phénomène, les moines baptiseront ce type le vin « le vin du diable ». Dom Pérignon n’invente donc pas la méthode champenoise. De plus, la possibilité de mettre le vin en bouteille pour le faire vieillir n’est autorisé qu’à partir de 1670. Si le moine a testé l’effervescence des vins dans sa cave, ça se sera fait de façon illégale !

Dom Pérignon, inventeur du négoce moderne et de l’œnologie

Dom Pérignon est néanmoins considéré comme un œnologue d’avant-garde en ce qu’il portait une attention méticuleuse au vignoble de l’abbaye. Il assure une taille adéquate des vignes et apprend de ses observations pour récolter au moment opportun, les grappes de raisins en tenant compte du climat de l’année.

Plus encore, il entretient de bons rapports avec les vignerons de la région et sélectionne les meilleurs raisins pour produire son vin. Contrairement à ses prédécesseurs et à ce qui se fait à l’époque, il prendra soin de vinifier chaque type de cépages distinctement avant de les assembler. Ce procédé perdure aujourd’hui car il permet de dévoiler toutes les spécificités de chaque cépage. Ces simples attentions dans les processus d’élaboration des vins tranquilles de Champagne vont permettre d’enclencher le mécanisme de la valorisation de la région. Le vin est nettement meilleur. Dom Pérignon est le maître incontesté du vin tranquille de l’époque.

Dom Pérignon s’éteindra en 1715 dans son Abbaye où il sera enterré. L’histoire que l’on connait de lui est écrite bien après que ses confrères soient morts. Ils n’ont pas retranscrit ses expériences de leurs vivant. Ainsi il convient de prendre les informations que je vous ai livré avec des pincettes. Dom Pérignon est un personnage plus mystique qu’autre chose. Bernard Pivot se demandera d’ailleurs pourquoi il n’a pas été canonisé !

Je vous livre en dernier lieu ces mots proposés par un ancien président du syndicat général des vignerons : « Dom Pérignon est l’ancêtre de dizaines de milliers de vignerons dont les noms resteront à jamais inconnus, l’ombre qui continue à veiller sur le bon usage des coteaux champenois, l’expression sublime de tous ces hommes qui ont œuvré pour un vin qu’ils ne goûteraient pas ».

À bientôt pour un nouveau portrait de ces personnes qui ont marqué l’histoire du vin

Victoria / Part de l’ange

PS : Et le Champagne qui bulle dans tout ça ? Ce sont les anglais qui, contre toutes attentes, ont perfectionné la technique de l’élaboration du vin pétillant. Au 17e siècle ils achètent des tonneaux de vin tranquille à la Champagne et se chargent au pays de les mettre en bouteille. Contrairement aux français, les britanniques disposent d’un verre plus résistant et moins couteux pour conditionner le vin. Ainsi, lors de la deuxième fermentation (la prise de mousse), la pression ne fait pas exploser la bouteille. Ce n’est en réalité que très tard, au 19e siècle que le processus de création de Champagne trouve une raison scientifique. C’est Louis Pasteur, qui expliquera le phénomène : mais la réputation de la Champagne était déjà faite, en partie du fait des travaux de Dom Pérignon sur le vin clair et la sélection des grappes, l’histoire aura fait le reste.

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La légende raconte que c’est parce que le Coca-cola était trop cher à Strasbourg que Robert Parker s’est rabattu sur le vin du commerce. Il en est tombé amoureux et ne l’a plus jamais quitté. Mot de l’auteure : Le célèbre critique de The Wine Advocate a récemment pris...

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La légende raconte que c’est parce que le Coca-cola était trop cher à Strasbourg que Robert Parker s’est rabattu sur le vin du commerce. Il en est tombé amoureux et ne l’a plus jamais quitté.

Mot de l’auteure : Le célèbre critique de The Wine Advocate a récemment pris sa retraite après 35 années de dégustations et de notations des vins. Mars 2020 est le premier printemps qu’il passe loin de la pression du métier. Alors j’en profite pour dresser le portrait de cet homme qui aura longtemps fait la pluie et le beau temps dans le milieu de la critique viticole. Chacun confiné chez soi pourra, comme Robert Parker, faire un peu de place dans sa cave et l’inventaire dans ses bouteilles.

🎙 Écouter ici : Robert Parker, le père de la critique de vin moderne

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Robert Parker : le père de la critique de vin moderne

Robert Mcdowell Parker Junior, ou Robert Parker est né à 1947 à Baltimore, dans le Maryland. Fils de paysan, il accèdera tout de même aux bancs de l’université où il étudiera tout d’abord l’histoire et l’histoire de l’art. A l’âge de 26 ans il obtient son doctorat en Droit et exercera dans un cabinet d’avocat pendant 7 ans. Robert Parker est aujourd’hui l’un des critiques de vins les plus célèbre au monde.

Son intérêt pour le vin va naitre en France, très innocemment. En effet, alors qu’il a 21 ans, il passe ses vacances en Alsace et constate que le vin est moins cher que le Coca-cola. Il s’essayera donc à la dégustation avec un vin de table et sera frappé par les sensations qu’il ressentira. Il fonde en 1978 le magazine indépendant – sans publicité d’aucune sorte, The Wine advocate consacré au vin, aux notations des cuvées et aux conseils pour les amateurs. La magie de la célébrité s’opère en 1982 à l’occasion d’une dégustation de vins en primeur* à Bordeaux. Alors que tous les critiques notent négativement les vins qui leurs sont proposés, Robert Parker, lui, voit un beau potentiel dans le millésime.

Le temps lui donnera raison : sa réputation est faite et cet événement donnera à Parker toute la légitimité pour développer sa méthode de notation qui impactera en profondeur le monde du vin. Il quitte définitivement le droit en 1984 pour se consacrer pleinement et entièrement à son média et sa carrière de critique. Découvrons donc le pendant et l’après Parker.

Robert Parker, une technique de notation particulière  

La désormais bien célèbre « méthode Parker » est assez simple. Les vins sont notés sur 100 points et les notes s’étendent toujours entre 50-100. 5 points sont attribués à la robe, donc à l’apparence du vin, 15 points sont attribués au bouquet, donc au nez. 20 points pour la bouche, donc le goût du vin et enfin, 10 points sont attribués au potentiel de vieillissement.

 Ce dernier demande de la pratique pour distinguer les caractéristiques qui permettent d’affirmer que le vin est fait pour la garde, que c’est un grand vin.

  • Entre 50 et 59 le vin est médiocre.
  • Entre 60 et 69 points le vin est très moyen, ses défauts sont identifiés.
  • Entre 70 et 79 points le vin est moyen, et ne présente rien d’incroyable.
  • A partir de 80 le vin commence à être supérieur.
  • A partir de 90 le vin se complexifie et la qualité est remarquable.
  • Entre 96 et 100 le vin est parfait, il est le parfait ambassadeur de sa région. Rares sont les vins notés à 100pts.

Ces notes scellent en quelque sorte le destin des vins dégustés par Robert Parker. Ils influencent les ventes, le prix des bouteilles et même les méthodes de viticulture.

Robert Parker, une figure très controversée dans le monde du vin

Il a mis, dès ses débuts, un point d’honneur à être et rester impartial, tant dans la dégustation des vins que dans sa notation. Il déguste donc à l’aveugle et note ses vins de manière stricte en respectant sa grille de notation, comme nous venons de le voir. En revanche, nombreux sont les détracteurs de ce critique. En effet, la réputation de Robert Parker et l’impact que son avis avait sur la notoriété des domaines et sur les ventes était très conséquents.

Pour exemple, un vin noté à plus de 90/100 voyait ses commandes parfaitement remplies, tandis qu’un vin noté à 70/100 était quasiment invisible pour les acheteurs. Dès lors les vignerons ont eu tendance à se plier au goût du dégustateur, satisfaisant son palais et augmentant donc leur nombre de vente. Ainsi certains vignobles ont produit des vins trop « parkerisés » perdant, quelque part, leur identité. Le critique affirmait en effet aimer les vins sur le bois (celui de la barrique), robustes, vineux et très concentrés. Les vignerons se sont parfois pliés à ces exigences, qui rendait la notation moins impartiales, du fait de leur choix de vinification.

Cette parkerisation du vin explique pourquoi Parker a fait la pluie et le beau temps dans la région.

Quel héritier ou héritière pour remplacer Robert Parker ? 

Après Parker le déluge ? Au regard de l’influence qu’il a eu sur les notations, les vignerons, et sur le temps long surtout, on est en droit de se poser la question. La nature a horreur du vide, nous le savons et de nombreux successeurs se sont fait connaitre bien avant même que Robert Parker décide de quitter la scène de critiques. D’une part l’équipe de The Wine Advocate qui a été formée par Parker, qui peut dignement lui succéder, même s’ils témoignent que ce n’est plus la même chose sans lui.

Le magazine a d’ailleurs été récemment acheté par un investisseur singapourien, ce qui profile d’éventuels changements. Ensuite, d’autres critiques tentent de s’imposer face à ce fantôme du milieu. Nous pourrions citer Jancis Robinson une journaliste, écrivain et dégustatrice britannique, qui était jusqu’à aujourd’hui en guerre de mots avec Robert Parker. Antonio Galloni, ancien membre de The Wine Advocate, chargé des dégustations des vins Californiens notamment, a pris son indépendance. Il est aujourd’hui le PDG de Vinous. Il est certainement l’un des dignes successeurs de Parker. Son média est extrêmement populaire dans la sphère viticole mondiale.

En conclusion, l’ancien monde à tout de même du mal à se faire au nouveau, mais tout vient à point à qui sait attendre. Robert Parker profite aujourd’hui de sa famille dans sa maison du Maryland. Seul le temps pourra dégager une nouvelle étoile montante de la dégustation, et ce temps-là sera précieux pour que certains vignobles retrouvent un style moins influencé par la notation du critique. Ne souhaitant pas finir sur ces simples paroles je reprendrais plutôt une citation du père de la critique : « le vin est selon moi ce qui rassemble les gens, il promeut la conversation et le partage mais il est surtout fascinant ».

À bientôt pour un nouveau portrait de ces personnes qui ont marqué l’histoire du vin

Victoria / part de l’ange

*Les vins en primeurs sont des vins dégustés avant la fin de la vinification. Il s’agit d’un événement très bordelais qui commence à s’étendre dans d’autres régions. Ces vins qui ne sont donc pas terminés, sont dégustés, notés, leurs prix sont fixés et un gros volume de commande est effectué à cette occasion. L’argent récolté lors des primeurs assure, entre-autre, la pérennité économique des vignobles de Bordeaux.

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La confrérie des Chevaliers du Tastevin : Fraternité et amour du vin

« Jamais en vain toujours en vin » est la signature particulière de la confrérie des chevaliers du tastevin. Assez célèbre mais assez mystérieuse pour les curieux, cette confrérie chargée d’histoire rayonne aujourd’hui dans le monde entier. Mot de l’auteure : Qui dit...

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La confrérie des Chevaliers du Tastevin : Fraternité et amour du vin

La confrérie des Chevaliers du Tastevin : Fraternité et amour du vin

« Jamais en vain toujours en vin » est la signature particulière de la confrérie des chevaliers du tastevin. Assez célèbre mais assez mystérieuse pour les curieux, cette confrérie chargée d’histoire rayonne aujourd’hui dans le monde entier.

Mot de l’auteure : Qui dit mois de février entend « mois de l’amour ». J’ai fait le choix d’évoquer deux amis qui, par amour, ont créé un rassemblement qui compte aujourd’hui plus de 12000 personnes. Célébrons l’amour sous toutes ses formes notamment l’amour amical, l’amour fraternel et l’amour du vin qui sont les trois constituantes de la confrérie des chevaliers du tastevin. 

🎙 Écouter ici : La Confrérie des chevaliers du Tastevin, fraternité et amour du vin

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La Confrérie des chevaliers du Tastevin : fraternité et amour du vin

La confrérie des chevaliers du tastevin est une confrérie dite « bachique » née en Bourgogne au XXe siècle. Elle a pour but de promouvoir la culture viticole régionale et les richesses du terroir au travers de rassemblements. Sous ses airs de regroupement secret et sans âge, cette confrérie n’est en réalité pas si vieille. Sa création date, en effet, du 16 novembre 1934 et est le fruit de la réflexion de deux noms de la Bourgogne : Georges Faiveley et Camille Rodier.

C’est à Nuits-Saint-Georges, au caveau Nuiton, qu’un soir, ces deux personnages se sont mis d’accord pour ressusciter des ordres moyenâgeux. Il faut garder à l’esprit que les conjectures économiques n’étaient pas bonnes à cette époque. Le commerce de produits issus de la viticulture était alors en perdition. Ainsi, puisque le vin ne se vendait pas, les vignerons ont décidés de le boire, en bonne compagnie. Cette fraternité inhérente à la confrérie des chevaliers du tastevin permettra par la même de mettre l’accent sur la convivialité très « terroir » de la région. De cette façon, l’image de la Bourgogne n’en était que revalorisée, car on entendait partout parler de cette confrérie.

Découvrons alors ensemble, plus en détail, l’histoire de la confrérie des chevaliers du tastevin.

La naissance rapide de la passion d’Alexis Millardet pour la botanique  

La création de la confrérie des chevaliers du tastevin intervient dans un contexte compliqué pour l’économie française. Deux éléments impactent fortement le secteur viticole. Dans un premier temps la situation géopolitique ralenti fortement le commerce, puisque le pays se remet à peine de la Première Guerre Mondiale.

Plus encore, en 1934 les tensions sociales, en France, sont palpables. Dès lors le commerce dans son ensemble est en perdition. De plus, les vignes et exploitations viticoles se remettent à peine des dommages causés par le phylloxera, cette maladie des vignes dont on vous parle régulièrement. La confiance dans le vin et l’origine des cépages notamment est impactée.

C’est Georges Faiveley et Camille Rodier qui ont l’idée de créer (ou plutôt recréer) une confrérie d’amateurs de vin. Georges Faiveley a un nom célèbre dans la région puisque sa famille y possède des vignes depuis 1825. Il récupère le domaine en 1919 et subit donc dès son arrivée les aléas politiques et économiques du siècle. Qu’à cela ne tienne, cet homme que l’on dit charismatique et fort souhaite boire du bon vin avec ses amis et le faire savoir ! Quant à Camille Rodier, il est connu pour avoir produit de nombreux ouvrages de référence sur sa région bourguignonne.

Jamais en vain et toujours en vin donc, les deux hommes créent la confrérie des chevaliers du tastevin, en 1934

Les principes de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin

C’est en même temps que l’émergence de l’idée de création des AOC, que le principe de confrérie commence à se développer en France. On en retrouve des confréries dans tout le pays, notamment à Anjou ou encore dans la vallée du Rhône (pour les plus célèbres). La confrérie de l’ordre du tastevin n’est donc pas la seule en France à cette époque. Si c’est la fraternité qui rassemble sous le même étendard chacune de ces confréries, c’est la subtilité du terroir qui les distingue.  En effet, la confrérie de l’ordre du tastevin, en plus de promouvoir une dégustation entre amis, souhaite révéler toute la complexité des vins de la région. A l’image des chevaliers de la table ronde, les membres de la confrérie défendront en frères la richesse de leur royaume.

Sous un emblème reconnaissable entre mille, chaque membre de la confrérie porte fièrement, non pas l’épée mais le tastevin. Si son orthographe fait débat, l’objet qu’il nomme met tous les dégustateurs d’accord. Il s’agit d’une petite coupelle de 2 à 3cm de haut, aujourd’hui en argent ciselé, qui permet une dégustation assez objective du vin. Selon les historiens, cet objet a de tous temps existé. Bernard Pivot, dans son dictionnaire des amoureux du vin nous parlera d’un objet dont « l’usage confère à la dégustation l’apparence d’un rite d’initiés ».

Les membres de la confrérie et leurs invités dégustent alors les vins de la Grande Bourgogne, de Chablis et des crus du Beaujolais, en véritables frères, et cela depuis 86 ans.

La Confrérie des Chevaliers du Tastevin et ses événements à part entière

Si l’origine du rassemblement peut paraître poussiéreuse il n’en est rien. Le mouvement a eu le temps de faire quelques tours du monde depuis sa création. Ainsi on dénombre, aujourd’hui, quelque 12 000 membres répartis dans le monde entier.

De nombreux diners, qu’ils nomment « chapitre » sont organisés régulièrement.

Chaque chapitre donne lieu à une intronisation (soit l’adoubement de nouveaux chevaliers du tastevin, hommes et femmes). Les chants des cadets de Bourgogne rythment la cérémonie, rendant ainsi hommage à Noé, Bacchus et Saint Vincent, personnages mythiques de l’histoire viticole.

C’est au Château du Clos de Vougeot que se déroule la plupart des chapitres. Le bâtiment rappel l’origine de l’activité vigneronne, exercée par les moines. Les personnes qui animent la cérémonie font vivre le folklore de la région.

Notons que depuis 1950 s’est développé ce que l’on appelle le « tastevinage ». Cet événement de dégustation permet de labéliser les vins sélectionnés, jugés représentatifs de la Grande Bourgogne, de chablis et des crus du Beaujolais. Les épicuriens auront cette année la chance de vivre la 104e édition du tastevinage.

En conclusion, il est heureux de constater que malgré les tendances à l’individualisme, on trouve de beaux rassemblements. Georges Faiveley et Camille Rodier seraient heureux de savoir que le mouvement qu’ils ont impulsé est inépuisable, car sa dynamique est vertueuse. C’est finalement ça qu’on aime dans le vin : trouver des frères et des sœurs de passion avec qui il est bénéfique de passer du bon temps. Pour ce mois de l’amour, célébrons cette chance d’être bien entourés, de pouvoir partager et apprendre : ensemble !

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Alexis Millardet, le sauveur des vignes européennes

Alexis Millardet, le sauveur des vignes européennes

Pierre-Marie Alexis Millardet est connu de tous les jardiniers et de tous les viticulteurs. Ce botaniste du XIXe siècle a marqué la vigne en créant la bouillie bordelaise.

Mot de l’auteure : C’est par l’observation qu’Alexis Millardet a pu mettre en place un traitement efficace pour protéger les vignes. C’est grâce à ses balades qu’il a mis au point un mélange qui a traversé les âges pour être encore employé aujourd’hui. L’aventure de ce botaniste dit une chose à l’amateur de vin : regarde autour de toi, explore, découvre, perd toi, trompe-toi, déguste et aime.

🎙 Écouter ici : Alexis Millardet, le sauveur des vignes européennes

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Alexis Millardet le sauveur des vignobles européennes

Alexis Millardet est un botaniste dont le nom est assez méconnu. Pourtant il est l’inventeur d’un mélange que chaque jardinier du dimanche recommandera et que de nombreux vignerons utilisent encore aujourd’hui.

En effet, Alexis Millardet est l’inventeur de la bouillie bordelaise. Il s’agit d’un fongicide qui assure à la vigne une résistance accrue aux maladies. Il a également contribué à la survie de la vigne alors que les vignobles de France étaient ravagés par le phylloxera. Ces deux innovations ont longtemps été des incontournables. Sur tous les plans le XIXe siècle est une période charnière, forte de ses innovations : la botanique ne fait pas exception.

C’est avec beaucoup de passion et de patience qu’Alexis Millardet a marqué en profondeur le monde du vin. Découvrons le parcours de cet homme discret et plein d’enseignements.

La naissance rapide de la passion d’Alexis Millardet pour la botanique  

Né en 1838 à Montmirey-la-ville, dans le jura, le jeune Alexis Millardet se passionne pour la science du vivant. Après des études scientifiques qu’il mène non loin de Besançon il termine sa licence à Paris chez son oncle, qui exerce dans le milieu médical. Son emploi du temps est simple : science dure à l’école et botanique pour son temps libre. Cette implication lui permet d’intégrer la Société des botanistes de France, en 1861.

Son amour de la plante le fait rapidement voyager, notamment en Allemagne, où il poursuit des recherches sur son sujet de prédilection. Dès son retour en France il est fait professeur à université.

 Il enseigne d’abord à Strasbourg, puis à Nancy. Il emporte avec lui dans ses valises, la société des sciences qu’il transfèrera dans ce nouvel établissement.  Sa relation avec la vigne il va la construire tardivement alors qu’Alexis Millardet a 38 ans. Cet intérêt pour les ceps est assez conjecturel d’ailleurs puisqu’il s’explique par un transfert du professeur de Nancy à l’université de Bordeaux en 1876.

Le moment où Alexis Millardet arrive à Bordeaux n’est pas sans importance. En effet, voilà que depuis deux ans le phylloxera contamine les vignobles de France. Le phylloxera est une maladie de la vigne importée des États-Unis par erreur. Il s’agit d’un champignon qui attache la vigne à la racine et l’empêche de croitre. Alexis Millardet dédiera alors sa carrière de botaniste à la recherche de solutions à ce problème. Il aboutira à deux solutions.

Alexis Millardet, l’inventeur de l’hybridation des vignes 

 

Pour pallier ce réel fléau Alexis Millardet va mettre assez rapidement au point un nouveau type de vigne : les hybrides. Son processus novateur consiste en un croisement de deux cépages : l’un issu de France (dont l’espèce est la vitis-vinifera) et l’autre venu d’Amérique (et par conséquent plus résistant aux maladies). Ce processus d’hybridation rend alors les ceps de vignes plus résistant sans pour autant que les vignerons ne fassent une croix sur leurs cépages de prédilection. C’est en ce sens qu’Alexis Millardet est considéré comme le sauveur des vignobles européens.

 Si dans un premier temps cette innovation a permis de remettre à flot le vignoble français, les vignes hybrides ont rapidement été décriées. En effet, elles avaient tendance à produire des raisins en très grande quantité, contrairement aux vitis-viniferas. Comme mentionné dans le précédent article, le raisin produit en trop grande quantité impactait l’image qualitative du vin produit. Dès lors, les vignerons ont rapidement pris la décision de ne plus cultiver les vignes hybrides.

Aujourd’hui, certains domaines hors de l’Europe cultivent encore des plants de vignes hybrides. Sur le territoire Français ces dernières sont interdites. Ainsi, les tendances qui se dégagent ces dernières années est l’usage de greffons. 

L’invention de la bouillie Bordelaise, un traitement incontournable   

L’hybridation des vignes est une technique assez radicale en soit. Elle implique l’arrachage des plants existants pour en replanter des nouveaux plus résistants. Face à ce constat, Alexis Millardet a mis au point une seconde technique de traitement de la vigne, moins brusque qui est encore utilisé aujourd’hui : la bouillie bordelaise. 

En réalité, l’invention de ce traitement est le fruit du hasard.

Alors qu’Alexis Millardet animait un cours de botanique dans le Médoc, il remarque que les vignes aux abords du Château Ducru-Beaucaillou sont particulièrement vigoureuse. Il se renseigne auprès des propriétaires du domaine qui lui confie qu’ils pulvérisent un mélange de cuivre et de chaux froide sur les plantations afin de dissuader les voleurs de cueillir les raisins. Impressionné par l’efficacité du traitement dissuasif sur la vigne, Alexis Millardet demande s’il peut étudier ce processus sur le long terme. En compagnie d’un ami chimiste il observera l’impact du mélange sur les vignes sur le vignoble du Château Ducru-Beaucaillou et du Château Dauzac. C’est de cette manière qu’a été créé la bouillie bordelaise.

Ce mélange de sulfate de cuivre, d’eau et de chaux froide est une vraie révolution dans le monde viticole. Car cette préparation pulvérisée sur les feuilles de vignes empêche les maladies de se développer : adieu donc mildiou et autre petite bêtes résistantes. Ce traitement préventif intervient au printemps lorsque la vigne est encore fragile.

La bouillie bordelaise n’est pas uniquement employée par les viticulteurs. Les jardiniers et maraichers en sont adeptes, eux aussi. L’usage de ce traitement est cependant critiqué en raison du cuivre. Des directives européennes ont été prises afin de restreindre l’usage de la bouillie bordelaise. Des substituts sont aujourd’hui recherchés pour remplacer la préparation d’Alexis Millardet.

En conclusion, Alexis Millardet décède à Bordeaux en 1902. Il aura laissé une empreinte conséquente dans l’histoire de la botanique et de la viticulture en particulier. Son portrait met en lumière à la fois le pouvoir de la passion et son impact sur le long terme mais également la puissance de l’observation. C’est une noble science qu’est la botanique et c’est plus noble encore de trouver des moyens de préserver cette richesse naturelle. Ces mots raisonnent d’autant plus aujourd’hui, avec toutes les problématiques viticoles liées au réchauffement climatique. Pensez-donc à lui la prochaine fois que vous lèverez votre verre.

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Le Baron Pierre Le Roy Le père de l’appellation

Le Baron Pierre Le Roy Le père de l’appellation

Le Baron Pierre Leroy est un juriste de formation, mais viticulteur de passion qui œuvre, au XXe siècle pour la valorisation du patrimoine viticole Français.

Mots de l’auteure : Les fêtes arrivent à grand pas et choisir son vin peut devenir compliqué. Mais pas pour vous, amateur du Décanté, vous amateurs accompagnés par ce petit guide qui vous aide à trouver les bons conseils. Ce qu’il vous manque c’est des moyens d’épater la galerie au réveillon ! En entrée, pour le plat principal ou entre le fromage et le dessert, le portrait du Baron Le Roy se déguste et se partage ! 

🎙 Écouter ici : Le Baron Pierre Le Roy, le père des appellations

by Part de l'Ange | portrait des personnes qui ont marqué l'histoire du vin

Le Baron Pierre Le Roy, le père de l’appellation

Pierre-Marie Gabriel Le Roy Boiseaumarié est un enfant de Normandie que Châteauneuf-du-Pape (Vallée du Rhône) aura vu grandir. Né en 1890, il est envoyé au front lors de la Première Guerre Mondiale. S’il est décoré à son retour pour sa bravoure et son courage, son impact sur la société ne s’arrête pas là. Le Baron Pierre Le Roy est en effet un pionnier des innovations de son siècle, en termes de viticulture. Après des études de droit et un mariage avec Edmée-Bernard Le Saint, héritière du Château de Fortia de Châteauneuf-du-pape, il décide de se consacrer à la vigne plutôt qu’à la Loi. Tout au long de sa vie il œuvre à la valorisation des terroirs de la France entière et à la protection de ce patrimoine. Ce sont ses efforts qui permettent la création d’Institut National de l’Origine et de la qualité (l’INAO) et par cela les Appellations d’Origines Contrôlées (les fameuses AOC).

Mais cette aventure dans la valorisation des productions de vin de France n’a pas été de tout repos. Certes le contexte d’après-Guerre nécessitait la mise en place d’un tel organisme, mais sa création est le fruit d’un processus lent et complexe. Le Baron Le Roy a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la vigne et nous profitons encore aujourd’hui de son héritage.

Découvrons alors sans plus attendre le combat qu’a mené le Baron Le Roy.

Une période d’après-guerre tumultueuse pour la vigne 

Comprendre le contexte est le premier pas pour visualiser l’ampleur de l’ambition que portrait le baron Le Roy. En effet au début du XXe siècle, outre les troubles politiques que l’on connait, l’économie viticole est confrontée à deux grands problèmes : la fraude et la maladie.

Commençons par la maladie de la vigne : le Phylloxera. Le Phylloxera est une espèce de puceron ravageur qui sévit au début du siècle en France et décime les vignobles de France du Sud au Nord. Ce phénomène est une véritable catastrophe pour les vignerons du pays puisqu’ils perdent peu à peu leurs plantations et leurs vins baissent inévitablement en qualité. Ce problème sanitaire sera réglé grâce à des greffes de vignes françaises sur des pieds sains originaires des Etats-Unis .

La fraude ensuite est dû à l’évolution du transport à l’époque. En effet, les innovations permettent d’accélérer les flux commerciaux. En revanche, la politique de traçabilité des produits n’est pas une préoccupation pour les professionnels et les consommateurs. Dès lors il n’est pas possible de garantir aux acheteurs que le vin de Bourgogne qu’il boit est réellement constitué de pinot noir. En effet, nombreux étaient les vignerons qui se fournissaient la région de la Vallée du Rhône pour vinifier ailleurs.

Certains producteurs étaient bien conscients de l’impact que ces deux actualités avait sur le monde de la vigne. Le commerce et la perception des consommateurs des vins français, qu’ils soient étrangers ou nationaux étaient en perdition. Ainsi le Baron Pierre Le Roy et ses homologues viticulteurs se sont mis en tête de militer pour défendre le patrimoine local qu’est le terroir.

La laborieuse mise en place des appellations d’origine protégées

« Gagner sa vie honnêtement » lorsqu’on cultive la vigne à l’époque n’est pas chose facile. C’est donc dès 1923 que commencent les démarches pour protéger les spécificités régionales viticoles. Le Baron Pierre Le Roy créé un syndicat de viticulteur de Châteauneuf du Pape afin de début son activité de valorisation. Suite à ce premier pas, en 1929 un second syndicat des vignerons de la Vallée du Rhône est mis en place afin de plus largement défendre les vignobles qui bordent le fleuve.

C’est en 1933, 10 ans après le début des démarches du Baron Le Roy auprès des instances juridiques que l’INAO voit le jour. Ses qualités de juristes l’ont bien entendu aidée à porter haut les espoirs de ses collègues vignerons. Dès sa création c’est une autre bataille qui se joue : celle de définir les critères qui permettront de mettre en place et distinguer les AOC.

Ce qui va l’aider à déterminer ses critères ? Le fromage bien-sûr ! Si vous pensiez que vins et fromages n’étaient complémentaires qu’à table vous vous trompiez ! En effet, le Baron le Roy remarque dès 1925 que les fromage (et notamment le Roquefort) sont protégés de manière à ce que le comté ne puisse pas être produit en Bretagne ! 

Ainsi, dès 1935, le premier système d’appellation d’origines contrôlées est né. Une AOC se définie alors en ces termes : « appellation dont le nom garanti l’authenticité et la qualité d’un produit ».

L’héritage du Baron Pierre Le Roy

Après dix ans de batailles juridiques, les vins sont officiellement protégés au niveau national par ce que l’on appelle une appellation d’origine contrôlée ou protégée (AOC ou AOP). Les premiers vins qui obtiennent la qualification d’AOC sont les vins d’Arbois, dans le Jura et de Châteauneuf-du-Pape. Suite à cela, le Baron Le Roy est nommé président de l’INAO mais également de l’institut de la vigne et du vin au regard de sa contribution dans son domaine. Grâce à ce combat hors du front qu’il a mené pour les vignobles de France on compte aujourd’hui quelques 363 AOC sur le secteur vin.

Cette reconnaissance des spécificités du terroir Français a été étendu dans toute l’Union Européenne. C’est pour cette raison que l’on ne parle pas toujours d’AOC mais plutôt d’IGP. Si le principe est le même les conditions d’obtention de ce label sont différentes.

Gardons cependant à l’esprit que si c’est le vin qui a conduit la création de telles appellations d’autres denrées alimentaires sont concernées tel que le cidre, la viande ou encore le secteur agroalimentaire dans son ensemble.

En conclusion, nous devons une fière chandelle au Baron Pierre Le Roy. Chacune de nos régions rayonne aujourd’hui grâce à leurs spécificités bien établies et reconnues par tous. Le Baron Le Roy est décédé à l’âge de 71 ans. Il aura été mainte fois décoré : détenteur de la croix de guerre de 14-18 il obtient également la Légion d’Honneur pour ce rôle qu’il a joué dans la viticulture moderne.  Aujourd’hui chaque amateur de vin le remercie et le célèbre sans doute sans le savoir, ce qui est aussi, une belle récompense.

 À bientôt pour un nouveau portrait de ces personnes qui ont marqué l’histoire du vin

Victoria / part de l’ange

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