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Comment Lyon est-elle devenue la capitale de la Gastronomie ?

par Nov 5, 2018

« Lyon est la Capitale Mondiale de la Gastronomie »
Curnonski

Grand critique culinaire, « prince des gastronomes ».

Depuis la période gallo-romaine, Lyon n’a cessée d’être au centre des attentions. D’abord capitale politique dans l’Antiquité, la ville est devenue également un centre économique et culturel. En effet, la culture lyonnaise rayonne en France mais aussi dans le monde entier pour sa spécificité, son génie et son audace. La gastronomie est un des fers de lance du savoir faire lyonnais au point que la ville a été désigné comme « la capitale de la gastronomie ».

I – L’histoire de la ville de Lyon

A travers l’immense période que couvre le Moyen-Age jusqu’à la Renaissance, c’est à dire de 476 à 1453 jusqu’à la fin du XVIe siècle, la ville de Lyon est un lieu de passage obligé. En effet la ville propose une multitude d’activités comme les foires, des auberges pour leur servir à manger et de quoi dormir. Ces foires avaient lieues une fois par saison et attiraient des voyageurs de tout le royaume ainsi que des étrangers des peuples voisins. A cette occasions les aubergistes lyonnais présentaient sur leur étals, c’est à dire sur une table sur laquelle on présente les plats, leurs mets. Parmi ceux-ci nous pouvions découvrir ces fameux légumes que sont les cardons, devenus traditionnel dans la culture culinaire lyonnaise. Aujourd’hui encore nous apercevons rue du bœuf quelques une de ces belles auberges comme l’Hotel de l’Etoile ou encore l’Outarde d’Or, qui témoignent de cet héritage.   

Au XIXe siècle le réseau de transport se renforce et de nombreux voyageurs s’arment de guides touristiques pour visiter Lyon et ces fameux produits comme les châtaignes, les fromages et la charcuterie. En outre les visiteurs découvrent tout un panel de bons produits tels que les brioches, le chocolat ou la bière.
En 1859, « la matelote d’anguille » de la mère Guy occupe une place de choix dans la guide Joanne.
Ces femmes lorsqu’elles ouvrent leur restaurant, veulent travailler avec une carte simple qui ne change pas, avec des produits de grande qualité. Parmi les « Mères » nous pouvons citer la Mère Brazier. En avril 1921, elle ouvre son restaurant 12 rue royale. Cet établissent gagne vite en popularité. Le maire de Lyon, Edouard Herriot y a ses habitudes, et les visiteurs fins gourmets s’y précipitent.

La mère Brazier devient un grand nom. Elle ne tarde pas à ouvrir son deuxième restaurant au col de la Luère, à Pollionnay. Ce restaurant gagne rapidement une considération à l’internationale. C’est là ou Paul Bocuse fera ses classes .
En 1932, elle obtient 2 étoiles pour chacun de ses deux restaurants et en 1933, la Mère Brazier est triplement étoilée au Guide Michelin, à la fois pour son restaurant rue Royale et pour celui du col de la Luère. C’est une première dans l’histoire de la cuisine française.
Puis en 1930, de nouveaux plats font leur apparition comme la volaille de Bresse, encore à la mode de nos jours.

Toutefois la gastronomie lyonnaise voit sa qualité culinaire prendre de l’ampleur à partir des années 1930. La ville crée ainsi de nouvelles activités liés à la gastronomie. Parmi-elles nous trouvons la Semaine Gastronomique crée en 1932, rebaptisée Journées de la Cuisine Lyonnaises en 1935. En 1934 est fondée également la célèbre Foire de Lyon, qui offre une structure complète au service de la gastronomie avec le Palais de l’alimentation.
La réputation de Lyon comme cité mère de la gastronomie est faite. Il s’avère à présent de dévoiler son terroir d’influence, pour comprendre sur quoi repose son art.

II – Les terroirs et influences de la cuisine lyonnaise

La gastronomie lyonnaise se situe au carrefour de deux courants d’influences : celui du Sud, qui est provençal et méditerranéen, mais aussi celui du Nord, qui est lorrain et alsacien. Toute les cuisines y apportent leurs spécialités. Le sud est représenté par l’utilisation du beurre, de l’huile d’olive et des légumes primeurs, c’est à dire les premiers végétaux récoltés dans la saison et obtenus de façon naturel. Ceux-ci recèlent de caractéristiques gustatives appréciées car ils sont le plus souvent « tendres » et « fondants ».
En outre il faut avoir à l’esprit que Lyon est, pendant la Renaissance, un axe majeur en Europe du commerce des épices importées d’Orient.
De nombreux terroirs offre leur art culinaire à la ville. Aux alentours nous trouvons la Bresse célèbre pour ses volailles, le Bugey pour son vin et ses écrevisses, mais aussi pour sa fameuse sauce nantua tirée du lac de Nantua qui accompagnent les quenelles. A cela ajoutons les Dombes connue pour ces grenouilles issues de ces lacs. En ce qui concernent la viande, elle est délivrée au Nord dans la région du Charolais. Enfin le Beaujolais sert à Lyon un beau vignoble.

Si nous nous déportons à l’ouest, nous y trouvons les élevages des monts du Lyonnais. Elles produisent la charcuterie que les lyonnais appellent plus communément la cochonnaille, qui désigne le saucisson sec ou à cuire, les pieds de cochon, la rosette, la couenne, le jambon, ou encore le filet mignon, les terrines et pâtés de campagne. La liste ne s’arrête pas et se poursuit avec les grattons ou les rigottes, qui sont des petits fromages de lait de vache ou de chèvre.
Plus au sud nous découvrons les vins de la vallée de la Rhône qui viennent parachever les influences de la région lyonnaise. Ces terroirs viennent enrichir la gastronomie lyonnaise et gardent aujourd’hui leur prestige.

III – Que devient la capitale de la gastronomie aujourd’hui ?

C’est le regretté Paul Bocuse, dit « Monsieur Paul » ou encore le « pape de la cuisine » qui est le fer de lance de la gastronomie lyonnaise. C’est un Chef étoilé, élu meilleur ouvrier de France en 1961, proclamé « Cuisinier du siècle » par Gault-Millau en 1989. Il a su conférer à Lyon sa renommée gastronomique. En 1987, il crée le Bocuse d’Or. Il s’agit d’un des concours culinaires les plus prestigieux au monde et dont la finale est à Lyon. Il a lieu tous les deux ans, et s’inscrit dans le cadre du Salon International de la Restauration de l’Hôtellerie et de l’Alimentation de renommée mondiale.
Mais avec la disparition de ce géant, Lyon peut-elle conserver son titre tant convoité « de capitale de la gastronomie »?.
Lyon s’est construit avec Monsieur Paul, mais là où la vie de cet artiste de génie s’arrête le destin de son œuvre subsiste et Lyon en est le parfait exemple.

D’autres personnes ont cherché à accroître la renommée de la ville. Tel est le cas de l’association des « Toques Blanches Lyonnaise et de la région ». Depuis 1936 de grands chefs lyonnais se sont associés et aujourd’hui ils se nomment les « Toques Blanches Lyonnaise ». Leur projet ? Faire rayonner la gastronomie lyonnaise.
Ses membres viennent d’horizons différents : de la cuisine traditionnelle comme de la cuisine contemporaine ; de vieux lions et des jeunes montants. L’association, est présidée par de grands chefs tels que Pierre Orsi, Guy Lassaussaie, ou aujourd’hui Laurent Bouvier. Elle s’investit dans de nombreux évènements liés à l’art culinaire, comme lors du Sirha, et se trouvait en première ligne pour soutenir la candidature de Lyon au titre de Cité de la Gastronomie.
Ainsi le pape de la gastronomie s’en est allé mais la ville de Lyon garde sa renommée. En effet la métropole comptabilise 4000 restaurants dont 20 chefs étoilés.
Ainsi de nombreux projets autour de la gastronomie lyonnaise sont envisagé comme la cité internationale de la gastronomie.

Quel est ce projet ?

Au cœur de l’Hôtel-Dieu fraîchement rénové, l’art de la haute gastronomie sera mis à l’honneur. En effet sur 3900 m² repartit sur 4 étages, la Cité internationale de la gastronomie proposera des lieux d’expositions temporaires et permanentes mais aussi des espaces d’expérimentations ou de nombreux chefs reconnus mijoteront de bons mets. Le Chef 3* du restaurant Régis et Jacques Marcon, à Saint-Bonnet-le-Froid dans la Loire, fera partie de ceux qui animeront la cité. Il s’agira de développer un lieu de découverte et de transmission autour du bien manger, qui favorisera les innovations et expérimentations entre producteurs et chefs cuisiniers.
Ainsi la Cité internationale de la gastronomie, qui ouvrira ses portes en 2019 viendra renforcer le statut de Lyon comme « Capitale mondiale de la gastronomie ».
L’histoire de lyon s’est forgée à travers des restaurants typiques. Certains ont traversé les siècles. C’est le cas de la brasserie Georges, installée depuis 1836 sur le cours de Verdun, ou encore du grand café des négociants installé aux Cordeliers depuis 1864.

L’histoire de lyon s’est forgée à travers des restaurants typiques. Certains ont traversé les siècles. C’est le cas de la brasserie Georges, installée depuis 1836 sur le cours de Verdun, ou encore du grand café des négociants installé aux Cordeliers depuis 1864.

Ajoutons encore le cas des célèbres « bouchons lyonnais ». Ils symbolisent la gastronomie lyonnaise. Comment définir un bouchon ? C’est d’abord une ambiance, celle de la tradition lyonnaise avec les marionnettes guignols au cœur du vieux Lyon, arrosé d’un beaujolais et agrémenté de ce que l’on appelle la « cochonnaille ». Les produits lyonnais y sont cuisinés avec art.
Toutefois en son origine, le bouchon était réservé aux « canuts » qui travaillaient très tôt le matin. En milieu de matinée, vers 9h ils appréciaient prendre leur « casse-croûte » situé jadis au quartier de la Croix-Rousse, c’est à dire d’un petit repas composé des restes de laveille. Ces restaurants ont certes bien évolué mais ont marqué à jamais l’histoire de Lyon.

IV – Lyon et la splendeur de ses vins

En effet le vin est une des grandes fiertés de la ville. Léon Daudet louait le vin du beaujolais par ses propos : « Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le beaujolais qui n’est jamais limoneux et à sec ».
Ces quelques mots de l’écrivain rendent hommage à une région viticole chargée d’histoire. La région était déjà réputée pour ses vins durant la période gallo-romaine. Les vignes se rapprochent se Lyon jusqu’à atteindre Fourvière au Moyen-Age. Elles furent développées sur les pentes de La Croix Rousses ainsi que sur la colline de Sainte-Foy-lès-Lyon. Elles ont aujourd’hui disparue. Elles se situent actuellement sur trois ensembles. Citons le beaujolais, puis les coteaux-du -lyonnais et enfin les Coteaux du Rhône.

Comment se caractérise ces vignobles ?

Le vignoble du beaujolais produit presque exclusivement du vin rouge. Seulement 1% de la production se porte sur le vin blanc et vin rosé. Toutefois il existe plusieurs sortes de beaujolais. En effet la majeure partie des beaujolais concerne le beaujolais simple, il s’associe avec plusieurs combinaisons d’aliments et s’adapte à différents styles de cuisine. Il existe également le beaujolais village. Celui-ci est d’avantage fruité. Enfin évoquons les dix crus du Beaujolais avec : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte-de-Brouilly, Saint Amour, Juliénas, Fleurie, Moulin-à-vent, Régnié et Morgon.
Ces vignes occupent 75 600 hectares et produisent trois millions d’hectolitres de vin chaque année.
Pour le reste le vignoble est répartit sur deux vallées : au nord la Vallée du Rhône septentrional, allant de Vienne à Valence ; au sud la Vallée du Rhône méridional, allant de Montélimar à Avignon.

Parmi les grands crus du nord de la Vallée du Rhône nous pouvons trouver à proximité de Lyon à hauteur de Vienne : le Côte-Rôtie, le Condrieu et le Château-Grillet. Si vous êtes un peu plus curieux vous retrouverez à hauteur de Tournon : le Saint Jospeh, le Crozes-Hermitage, l’Hermitage. Puis si vous êtes téméraire vous trouverez au niveau de Valence le Cornas et le Saint Péray.
Quant au vignoble méridional de la vallée du Rhône, il recouvre 71 000 hectares et produit 2 840 000 hectolitres par an.
Le principal vin du vignoble méridional des Côtes-du-Rhône est l’AOC Chateauneuf-du-pape. Il s’agit d’un des plus grands crus français. Il remonte au XIVe siècle ou le pape Jean XXII crée le vignoble. Ce cru s’étend sur 3000 hectares et produit 100 000 hectolitres par an dont plus de 90% de rouge. Bénéficiant d’un mistral, plusieurs AOC du sud de la Vallée du Rhône ne nécessite pas de traitement ou très peu. Ainsi, beaucoup de domaines sont en bio, biodynamie ou bien en agriculture raisonnée. D’autres appellations remarquables mais moins connue tels que le Gigondas, Vacqueryras ou encore Ventoux gagnent en réputation chaque année.

Le principal vin du vignoble méridional des Côtes-du-Rhône est l’AOC Chateauneuf-du-pape. Il s’agit d’un des plus grands crus français. Il remonte au XIVe siècle ou le pape Jean XXII crée le vignoble. Ce cru s’étend sur 3000 hectares et produit 100 000 hectolitres par an dont plus de 90% de rouge. Bénéficiant d’un mistral, plusieurs AOC du sud de la Vallée du Rhône ne nécessite pas de traitement ou très peu. Ainsi, beaucoup de domaines sont en bio, biodynamie ou bien en agriculture raisonnée. D’autres appellations remarquables mais moins connue tels que le Gigondas, Vacqueryras ou encore Ventoux gagnent en réputation chaque année.
Le climat de ces vallées est méditerranéen. Il est associé à la diversité des sols qui leur permet d’enrichir leurs terroirs avec des produits atypiques. Dans notre prochain article, vous découvrirez les secrets des sols et climats… A suivre! 

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