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Sols, Climats, découvrez leurs impacts sur le vin

par | Nov 14, 2018

Souvent sous-estimé voire inconnu, ces deux facteurs sont deux paramètres essentiels à la culture de la vigne et la compréhension des vins. La vigne exige des conditions très particulières afin d’être cultivée de manière optimale. Exigeante, elle ne peut pousser qu’entre la 28e et la 50e latitude sous un climat relativement tempéré. Malgré les progrès incroyables et les prouesses techniques qui font que l’on parvient à cultiver la vigne dans des pays improbables tel que la Thaïlande ou Cuba, la liane la plus domestiquée du monde ne produit pas ses meilleurs fruits dans de telles conditions.

Les terroirs, correspondant à une combinaison de sol mais aussi de climat, sont différents selon les continents, les pays, les régions et même à quelques mètres seulement ! Comprenez avec nous les impacts de ces sols et climats.

I – Une histoire millénaire pour les comprendre

Vous l’aurez compris, la vigne, qui a tant fasciné les hommes à travers les siècles et qui a pu être un véritable signe de civilisation, n’a pas pu s’ériger sur tous les sols. Les conditions de culture de la vigne sont relativement complexes. A en croire la diversité des vins, ce n’est pas une chose facile à comprendre. En effet, cela a demandé des siècles et des siècles mais aussi et surtout beaucoup d’acteurs.

Au départ cultivée sur les terres iraniennes mais surtout géorgiennes, la vigne s’est majoritairement répandue grâce aux Grecs et Romains. Ils ont pu comprendre où la vigne pourrait s’implanter et être cultivée. Mais ce sont les moines et autres religieux qui ont réellement compris l’importance des sols et la diversité des climats. La première distinction claire a eu lieu à l’époque de Charlemagne lorsque les moines ont reçu des terres en Bourgogne et ont décidé de les séparer en diverses parcelles. Ces parcelles sont encore conservées en Bourgogne et s’appellent « climats » localement. Cette définition correspond de manière universelle à celle du mot terroir. C’est à partir de ce moment que l’on a compris et analysé les différences profondes entre des terrains extrêmement proches.

Aujourd’hui encore, les différents spécialistes continuent d’étudier afin de comprendre au mieux ces sols et climats, mais surtout de comprendre les exigences de la vigne. Cultivée dans le monde entier en plaine ou en coteaux, la domestication aura pris son temps. C’est grâce à cette histoire qu’aujourd’hui des passionnés sont capables de créer des vins d’excellence. De manière évidente, les vignerons ont une responsabilité énorme et un mérite particulier, mais eux aussi passent parfois plus d’une vie pour comprendre leurs sols afin d’en tirer le meilleur selon les millésimes. Dans cette logique, on retrouve une chose essentielle, il s’agit de l’héritage et de la transmission.

II – Des conditions particulières

La vigne est difficile et exige des conditions très particulières. Pour cela, les coteaux ont fait leurs preuves. En effet, ils rassemblent plusieurs propriétés techniquement bénéfiques pour la vigne. Tout d’abord, la diversité de sols. Effectivement, sur un coteau, on peut observer une diversité de sols et de sous-sols (tout aussi importants) entre le haut et le bas du coteau. Cette diversité est très appréciée par la vigne. De plus, son inclinaison particulière peut permettre une exposition très intéressante pour la vigne. Par exemple, dans la vallée du Rhône septentrionale (ou Vallée du Rhône Nord), la colline de l’Hermitage est la seule exposée plein sud, c’est en partie ce qui rend ce cru exceptionnel. C’est ici que le lien entre climat et sol se fait.
L’alimentation constante en eau et à faible quantité est très appréciée par la vigne. Cependant, la France interdit l’irrigation contrairement à beaucoup de pays du Nouveau Monde. C’est grâce à cette réglementation que nous pouvons avoir des différences entre chaque millésime et c’est ainsi que la nature reprend ses droits. Pour pallier à cela, le sous-sol doit être adapté à la situation géographique de celle-ci. En effet, sur des climats où les pluies sont fréquentes, un sol et un sous-sol avec une faible rétention d’eau sera très bénéfique à la vigne. Leur perméabilité permettra ainsi à la vigne de s’alimenter suffisamment en eau en la laissant « travailler ». On recense dans cette catégorie les sols sur alluvions gravelo-sableuses. A l’inverse, où les pluies sont rares, des sols rétenteurs d’eau permettront à la vigne d’être alimentée en période aride. C’est l’exemple du calcaire.
La profondeur des racines dépendra de ces sols. Elle sera plus profonde sur les sols avec une faible rétention d’eau que ceux avec forte rétention d’eau.

III – Les types de sols

Le lexique n’est pas forcément le plus simple pour les sols. C’est pour ça que nous ne détaillerons pas trop ceux-ci. Afin que vous puissiez comprendre leurs enjeux sans trop rentrer dans les détails ! Et aussi parce que nous ne sommes pas géologues 😉 Il y a près de 30 variétés de sols de manière générale. Ce qui est relativement impressionnant et qui permet d’avoir une palette intéressante pour créer des cuvées différentes.
Les sols argileux sont très connus, notamment sur le terroir du réputé Château Petrus (mélangé à un sol de graves). Il ralentit le murissement du raisin car il est relativement froid. On le retrouve sur la rive droite du bordelais notamment.
En Bourgogne et notamment à Chablis, se trouvent les sols calcaires. Connu pour produire des vins d’une extrême finesse, ils font particulièrement travailler la vigne car ils ne retiennent pas l’eau à long terme.

A l’inverse, les sols crayeux laissent couler l’eau en profondeur avant de l’absorber. Elle alimente la vigne de manière constante et en petite quantité. Idéal ! Ces sols sont très appréciés pour les blancs dans les régions du Nord tel que la Loire ou la Champagne.
La marne est une sorte de mélange entre argile et calcaire. Une combinaison qui s’exprime à merveille et offre des terroirs d’exception. Ils allient puissance et finesse.
Parlons local ! Les sols du Beaujolais et de la Vallée du Rhône sont à dominance granitique. Ils permettent d’exprimer le fruit mais aussi la gourmandise et des arômes minéraux. Plus au sud de la Vallée du Rhône, on retrouve les galets roulés. Son principal ambassadeur ? Châteauneuf-du-Pape évidemment ! Ils ont la particularité d’accumuler la chaleur pendant la journée et de la restituée pendant la nuit. La vigne doit ici travailler pour aller chercher les nutriments nécessaires à son bon développement.

Les graves, sols véritablement associés à la région bordelaise et plus particulièrement sur la rive gauche. Il s’agit d’un mélange entre galets, sables et argiles. Comme les galets roulés, la chaleur est emmagasinée la journée et restituée pendant la nuit. Ce terroir est réputé pour fournir des vins avec une belle capacité de garde.
Terroir majoritairement associé au Languedoc Roussillon, les sols schisteux se retrouvent également en Côte Rôtie (Vallée du Rhône Nord) mais aussi en Loire en Anjou. Ce sont des sols qui apportent beaucoup de nutriments à la vigne.

IV – Les climats

Les climats sont moins difficiles à retenir car ils correspondent aux climats basiques. Ce ne sont pas des termes spécifiques au vin. Ils ne sont pour autant pas moins important et conséquent. En tant que facteur essentiel, ils agissent sur le choix des cépages et dictent les millésimes. Sécheresse, trop de pluie, trop nuageux, gels… autant de facteurs qui peuvent gravement nuire à un bon millésime.

On recense en France 4 types de climats principaux. Le climat montagnard, avec des hivers très froid et des étés frais. On retrouve sur ce type de climat des cépages assez spécifiques tels que dans les régions de la Savoie, du Jura ou encore des Pyrénées. Le climat continental, caractérisé par des été chauds et secs ainsi que des hivers froids se retrouve notamment en Bourgogne et Vallée du Rhône Nord (la Vallée du Rhône Sud bénéficie d’un mistral particulier). On parle également de climats semi-continentaux lorsqu’il peut avoir des influences atlantiques ou méditerranéennes tel que la Champagne. 

Le climat méditerranéen est particulièrement favorable à la culture de la vigne. On le retrouve dans le Sud de la France que ce soit en Provence ou dans le Languedoc mais aussi dans certaines régions d’Espagne et d’Italie. Un été chaud et un hiver doux, voilà ce qui représente pour le mieux ce climat. Plus frais mais relativement chaud en été, le climat atlantique est également typé par des précipitations importantes tel que dans le Bordelais et le Portugal. Les éléments qui distinguent les différents climats et qui en font leur typicité sont majoritairement la température, l’exposition au soleil (nombre de jours par an) et la pluviométrie (nombre de mm d’eau par an). On distingue à l’intérieur de quelques régions, des microclimats. Ils correspondent en réalité à des terroirs particuliers au milieu d’autres terroirs. Ils bénéficient d’une exposition particulière, d’un sol différent des autres et se distinguent ainsi des autres terroirs. Ils sont souvent nommés par des lieux-dits (ou climat en Bourgogne). Pour ne citer que le plus connu, la Romanée Conti dispose d’un véritable microclimat.

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1 Commentaire
  1. Claire

    Bonne entrée en matière !

    Réponse

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