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Le Champagne, vin de fête!

Le Champagne, vin de fête!

La période de Noël est très souvent associée au Champagne. Le prestige, la fête, mais aussi des accords mets et vins pour lesquels ce vin – parce que oui le Champagne est un vin ! – convient parfaitement. Pour autant, son processus d’élaboration, très technique, repose sur un procédé assez particulier dont peu connaisse le détail. C’est afin de mieux comprendre ce vin effervescent produit uniquement dans la région de Champagne, que nous écrivons cet article aujourd’hui.

            Le Champagne vous évoque à coup sûr les grandes maisons telles que Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot… Vous remarquerez que cette région est la seule en France pour laquelle on pense à une marque plus qu’à une appellation. Pourtant il existe des terroirs délimités sur 4 régions : la montagne de Reims, la Côte des blancs, la Côte des Bar et la vallée de la Marne. Bien que Reims reste la capitale historique de la région, Épernay continue de la concurrencer, notamment grâce à sa célèbre Avenue de Champagne, la plus chère au monde grâce aux millions de bouteilles qui y reposent sous terre.

I – La riche histoire du champagne

Bien avant d’être effervescent, le vin de la région champenoise était un vin d’excellence. Ses premiers vignobles datent de l’époque romaine. Comme dans de nombreuses régions françaises, ils furent les premiers à voir le potentiel de la région malgré le climat relativement frais.

Puis c’est Clovis, alors Roi des francs, qui fût baptisé par l’évêque de Reims et qui choisit le vin de Champagne pour célébrer l’événement. Par la suite, ce sont les nombreux sacres de rois de France (33 pour être exact) dans la cathédrale de Reims dont le premier fut Charles III, qui ont entretenu sa réputation. Plus tard, le Duc d’Orléans introduisit pour la première fois le vin pétillant aux personnes aisées et célèbres. Un véritable boom du marché s’opéra par la suite. 

    Dom Pérignon, avant d’être une marque de Champagne de notoriété mondiale, était un moine. Si certain affirme qu’il est le premier à avoir compris comment le Champagne était pétillant – sans certitude absolue car aucune preuve historique le démontre – il est assuré que ce moine eu un rôle majeur. Depuis l’abbaye de Hautvilliers, il a amélioré les techniques. Son vin, si réputé, était vendu à des prix deux fois supérieur à ceux de grandes maisons de Champagne. Plusieurs autres religieux eurent un rôle majeur.

Parmi les grands acteurs de la région, nous devons parler les fameux marchants du XVIIIème siècle, parmi lesquels nous pouvons citer Claude Moët ou encore Florens-Louis Heidsieck. Le premier s’est introduit à la cour de Versailles pour promouvoir son vin et le fit connaître dans le monde entier tandis que le second présenta le sien à Marie Antoinette. Tous deux ont construit un empire qui perdure encore. Ces grands négociants ont fait preuve d’ingéniosité et d’une créativité extraordinaire. Ils étaient déjà des professionnels du marketing.            Nous devons également parler des femmes qui ont marqué l’histoire de Champagne. La Veuve Clicquot était une redoutable commerciale. Femme la plus influente de la région, elle a notamment conquis le marché russe. En plus de ses redoutables prouesses commerciales, elle inventa le Champagne rosé et la table de remuage avec son chef de cave, Antoine de Müller. De son côté, la Veuve Pommery, elle aussi au début du XIXème, fût une redoutable commerciale et propulsa la maison portant son nom parmi les plus grandes maisons de Champagne.  

            Dans les derniers acteurs du Champagne, on peut également recenser les rappeurs tel que Jay-z qui ont mis en avant des marques, propulsant ainsi leur notoriété et leurs ventes, notamment aux Etats-Unis. Effet controversé, consommation ostentatoire, nous ne lancerons pas le débat. Toujours est-il que cela a boosté la réputation de certaines marques à l’international.

II – D’où viennent ces mystérieuses bulles ? 

L’effervescence est apparue bien tard. Elle était au départ redoutée, incomprise et était vue comme un défaut du vin. Appelé vin du diable à cause des fûts qui explosaient dans les bateaux sous la pression, il n’était pas vraiment apprécié comme nous l’apprécions aujourd’hui. Par ailleurs, une fois compris et apprécié, ce champagne pétillant était alors beaucoup plus sucré que celui que nous buvons aujourd’hui (la majorité étant des Champagne Brut).

Avant de maîtriser le processus si élaboré que nous allons vous décrire, de nombreux acteurs ont participé à sa compréhension.  Il est important de comprendre qu’en plus de ce processus si spécial, chaque maison de champagne a son histoire et possède donc ses méthodes et spécificités.

 

Avant d’être pétillant, le champagne est un vin vinifié comme tous les autres vins. Issus très majoritairement des cépages Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier, les vendanges et la presse des grumes (autrement appelées raisins) demeurent les mêmes que pour tout autre vin blanc. Le Pinot Noir ainsi que le Pinot Meunier, à cause de leur peau de couleur rouge (mais avec une chair blanche) sont pressés très délicatement. Après être passés en cuve et plusieurs fermentations (alcoolique et malo-lactique) et d’élevage, la prise de mousse se fait lors de la seconde fermentation en bouteille.

            Lors de la mise en bouteille, est ajouté une levure. Cette levure, va manger le sucre. Cette réaction va alors provoquer la création de gaz carbonique. La bouteille doit rester à l’horizontale pendant une période de 12 mois minimum, il s’agit du vieillissement sur lies. Cependant la période entre l’introduction de levures et le fait d’enlever les levures doit atteindre 15 mois minimum. Elle est de 3 ans minimum pour les champagnes millésimés. Il s’agit du cadre légal mais la réalité est différente car la majorité des maisons de champagne poussent cette maturation pendant plus longtemps.

          Les levures restées pendant cette longue période ont accumulé alors une sorte de dépôt qu’il va falloir extraire de la bouteille. Pour cela, vont être utilisés des tables de remuages (la plupart étant aujourd’hui automatiques). Etant tournées d’un quart de tour à chaque fois, les levures s’accumulent alors vers le bouchon de la bouteille. Puis le bout de la bouteille est plongé dans un liquide qui permet de geler et solidifier le dépôt. Enfin, on procède au dégorgement, c’est à dire que l’on extrait en débouchant la bouteille ce qui expulse les levures.

            Avant de procéder au rebouchage de la bouteille, on comble le liquide d’une liqueur d’expédition, qui contient du vin de réserve d’au moins deux ans d’âge auquel est ajouté (ou non) une quantité de sucre. Cette quantité de sucre va déterminer le goût mais aussi la catégorisation du champagne. Du moins « sucré » au « plus sucré », nous avons le brut nature appelé également non dosé, puis l’extra brut, le brut, extra dry, demi-sec, doux.

 Ça y est, le champagne est donc fin prêt pour être commercialisé, mais surtout dégusté ! Mais avec quoi ? Nous allons vous aider pour cela.

III – Accords mets et champagne

Nous allons diviser les types de champagne en 4. Les champagnes « blanc de blancs » qui sont des champagnes 100% à base du cépage Chardonay, les « blanc de noirs » qui sont des champagnes à 100% Pinot Noir ou Meunier, les champagnes rosés qui résultent d’un mélange (pour la grande majorité) entre du vin rouge champenois et du champagne, ainsi que les champagnes millésimés.

Pour les « Blanc de blancs », préférez des plats avec lesquelles une belle vivacité va de pair. On pense très souvent aux fruits de mer ou aux poissons gras tel que le saumon par exemple. Cela se marie avec justesse. Pensez aux sushis également qui s’associent très bien avec le champagne. Vous pouvez essayer des fromages à pâte molle tel que le Saint Félicien. 

Concernant les « blanc de noirs », le côté plus fruité permettra de s’aventurer sur des plats avec davantage de caractère. Certains vont jusqu’à l’associer avec le foie gras comme nous l’avons précisé dans notre dernier article (…). Osez des viandes blanches tel que le chapon ou la dinde aux marrons.

Le champagne rosé, unique rosé qui résulte d’une association entre du vin rouge et du champagne, est apprécié pour son profil puissant mais fruité. Il se marie avec des viandes tel que l’agneau ou le canard aussi bien qu’avec des tartes fruitées. La vivacité accompagne la ganache de la tarte et le fruité s’associe avec les fruits rouges de la tarte. 

Enfin, pour trouver l’accord parfait avec le champagne millésimé, vous pouvez compter sur le profil souvent plus gras et une certaine puissance. N’hésitez pas à oser des fromages affinés et des plats à base ou accompagnés par des champignons.

Prêt à déguster ? 

Il est temps maintenant de commencer à goûter le Champagne et à essayer diverses associations pour trouver celle qui vous convient le plus. Alors tchin et surprenez vos invités avec des accords toujours plus originaux. Le champagne est un vin de fête mais c’est aussi un vin qui peut s’associer à n’importe quel moment du repas et avec bon nombre de mets !

Le Beaujolais, Royaume du Gamay

Le Beaujolais, Royaume du Gamay

Non loin de la capitale des Gaulle, se tient le paradis du Gamay. Sur des terroirs incroyablement variés (et particulièrement sur le Mont Brouilly), s’expriment vins tranquilles rouges et blancs ainsi que pétillants tel que le Crémant. Décrié pendant une longue période, le Beaujolais se dresse aujourd’hui comme une région qui attire de plus en plus l’attention. Et pour cause…

I – Le Beaujolais, 3ème fleuve lyonnais à travers les siècles

Dès l’époque romaine, la région attirait les romains. Une tradition qui s’est poursuivie pendant l’époque moyenâgeuse. 

Puis c’est au XVIIème siècle que les vins de la région acquièrent leurs premières lettres de noblesse, où la ville de Lyon s’approprie peu à peu ses vins. Les bourgeois puis les Canuts (les célèbres ouvriers qui travaillaient la soie à Lyon), se sont appropriés ces vins et ont commencé à parler du Beaujolais, à tel point que cela s’est étendu peu à peu à la capitale française.

Les bouchons lyonnais sont devenus au fil du temps les premiers ambassadeurs de la région, où ses vins coulaient et continuent de couler encore aujourd’hui. Véritables fleurons du savoir-vivre et du savoir-faire de la ville de Lyon, ils sont à jamais liés au Beaujolais. (Découvrez notre article sur la gastronomie à Lyon).

Malgré la réputation sulfureuse que le Beaujolais a pu avoir, il faut savoir que jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les crus du beaujolais étaient évalués à des prix équivalents aux grands crus de Bourgogne. La popularité des Beaujolais est alors bien loin de celle qu’elle a pu acquérir lors des années 1970. Peu à peu, le Beaujolais s’est vu associé à un vin gouleyant (ce qui n’est pas forcément un défaut), et non plus une région aussi talentueuse qu’elle ne l’était. Les grands rendements n’ont pas vraiment aidé et le beaujolais nouveau a eu des effets parfois néfastes par rapport au but premier de cet événement promotionnel.

Après une période mouvementée, le Beaujolais retrouve son lustre d’antan et rayonne par sa culture si particulière et appréciée. Dans le monde entier, son authenticité attire et perdure grâce aux Bistrots du Beaujolais.

II – Le Beaujolais nouveau, entre succès mondial et effets controversés

     Célébrée dans 90 pays, il s’agit de la fête la plus internationale du monde du vin. En effet, bien que cet événement soit souvent décrié, il s’agit du seul événement au monde où 90 pays, le même jour de l’année, se réunissent autour de la sortie d’un vin de sa cuve. Ce jour est un moment de fête mais aussi révélateur du potentiel que peut avoir le vin une fois qu’il sera passé par l’étape de l’élevage. Les Beaujolais nouveaux n’ont pas une réputation des plus qualitatives, pourtant certains sont maitrisés. Si vous n’appréciez pas le Beaujolais, on vous laisse la possibilité de déguster les crus de l’année passée !

     Les Sarmentelles, événement incontournable de cette fête, se célèbrent chaque année le 3ème mercredi du mois avec la percée du tonneau à minuit et se prolongent jusqu’au dimanche dans la région. Toujours si proche de la ville lyonnaise, le Beaujolais nouveau et la percée des tonneaux a lieu chaque année (sauf en 2018) sur la place des Terreaux à Lyon au même moment.  

      Cependant cette fête a pu altérer la réputation du Beaujolais selon certains vignerons. En effet, les vins du Beaujolais sont beaucoup trop souvent associés aux vins nouveaux alors que cette région possède bien des richesses, notamment ses 10 crus et ses nouvelles générations de vignerons qui n’hésitent pas à clamer haut et fort le potentiel du Beaujolais.

III – La renaissance du Beaujolais, royaume du Gamay

         Voici quelques années si ce n’est même décennies que le Beaujolais se débarrasse peu à peu de son image ternie. La région s’est dotée de nombreux atouts depuis plusieurs années afin de produire des vins de qualité de redorer son blason. Les Crus du Beaujolais ont largement aidé. Juliénas, Saint-Amour, Chénas, Moulin à Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Côte de Brouilly, Brouilly. Des crus reconnus dans le monde entier pour leur qualité aujourd’hui. Tout cela avec un seul cépage (car aucun blanc n’est classé dans les crus) : le Gamay, qui a refait son apparition peu à peu sur les grandes tables gastronomiques françaises et mondiales.

           En plus de ces crus qui bénéficient de plus en plus d’une forte reconnaissance, nous pouvons recenser les appellations Beaujolais-Villages et Beaujolais.

           Les vins de vignerons occupent une place majeure dans le Beaujolais avec ses quelques 2 700 exploitations viticoles.

            Le Beaujolais est également le berceau du vin nature. Bien que cette définition soit perçue comme un peu floue, il est défini comme un vin qui s’inspire du bio ou de la biodynamie et qui n’utilise que très peu voire pas de souffre. C’est le célèbre et réputé Marcel Lapierre, à Villié-Morgon qui est le pionnier de cette vision. Ses vins sont reconnus mondialement et nous les recommandons notamment pour son rapport qualité/prix très attractif. Cette idéologie a émergé à la fin des années 1970 et se répand peu à peu dans le monde entier. Pour ou contre, peu importe, tout le monde vous affirmera que les quilles (comprendre bouteilles de vin) de Monsieur Lapierre sont des petites merveilles. Ont suivit plusieurs autres vignerons tel que Jean Foillard, Jean-Claude Thévènet, Guy Breton (Régnié et Morgon), Georges Descombes ou encore Yvon Métras (Fleurie).

            Cependant la surface bio dans la région n’excède pas les 5%, ce qui est relativement étonnant par rapport à la moyenne nationale (entre 8 et 12%).

Nos recos très perso !

Après plusieurs dégustations de l’équipe, nous vous recommandons particulièrement les domaines de : Marcel Lapierre à Morgon, Cédric Vincent à Moulin-à-Vent, Brouilly et Saint-Amour, Domaine Le Père Jean en Côte de Brouilly (coup de cœur pour leur cuvée parcellaire) et le Morgon Côte de Py du Domaine de la Bonne Tonne.

L’homme et le vin : une histoire de civilisation

L’homme et le vin : une histoire de civilisation

Selon les mots de Michel Bouvier la culture du vin fait partie intégrante de notre civilisation. Elle n’est pas le fruit d’un savoir réservé à des experts ou à des initiés mais bien à chacun. En effet chaque civilisation présente des caractères propres avec une dimension religieuse, esthétique, ou technique.

En ce sens, le but de cet article est de montrer que la culture du vin représente un enjeu de civilisation et possède une dimension technique, esthétique et même religieuse. L’histoire du vin est inséparable de l’histoire des hommes.

I – Le rapport entre l’homme et le vin : un enjeu sacré 

a – Durant la période antique 

Le vin est pour l’Antiquité un produit sacré, il sert aux offices religieux et est en rapport avec le divin. Il est représenté dans la Grèce antique par Dionysos, dieu du vin et de l’ivresse. Il est ici un objet du culte mais aussi un produit culturel. Le vin est un symbole de résurrection puisqu’après avoir donné une abondante vendange il semble mourir en hiver pour renaître au printemps. Dès lors le vin est un produit divin.  

Les rites organisés en Grèce comme les fêtes de Dionysos servaient à la cohésion sociale. Il s’agissait d’un grand événement où le peuple était intégré et communiait ensemble. Le vin et sa dimension religieuse étaient donc associés à la politique.

 Célébrées dans toute la Grèce, mais aussi en Égypte et à Rome, ces fêtes donnaient lieux à des représentations théâtrales. Cependant, l’alcool embrumait les esprits de la population et des débordements eurent lieux, comme des orgies ou des violences. Ces rites et ces fêtes appelés alors les «  bacchanales » furent temporairement interdits mais plaçaient le culte du vin comme un produit de cohésion social et de partage collectif. Le vin est alors associé à la civilisation occidentale.

b – Le vin et les religions monothéistes 

Le judaïsme utilise le vin dans leurs rites comme durant le Shabbat ou la Pâque.   

La Bible donne une place importante au vin puisque le livre cité le produit 443 fois. Ce chiffre considérable révèle l’importance du vin et sa symbolique divine. Nous pouvons observer un exemple de ce culte accordé au vin dans la religion chrétienne, avec le magnifique tableau des Noces de Cana peint par Paul Véronèse à la renaissance et exposé aujourd’hui au Musée du Louvre, ou selon les écritures le Christ aurait changé l’eau en vin. Dans le même ordre d’idée, la symbolique du vin atteint son paroxysme lors de la Cène, le dernier repas du Christ où le vin est assimilé au sang du Christ.

En ce qui concerne l’islam, le vin représente une récompense que les croyants obtiendront au paradis .
Ainsi le vin s’installe définitivement dans notre civilisation au rang d’un produit sacré, fruit d’une technique élaborée et d’une symbolique divine. La théologie chrétienne du Moyen-Age ( 476-1453) domine l’espace mentale occidentale de l’époque et place le vin au rang d’un produit sacré.

Ainsi nous avons vu que le vin est inséparable de l’histoire humaine. La civilisation occidentale a fait du vin un enjeu religieux en le plaçant au cœur des rites. Cependant pour véhiculer cette symbolique, l’art et la culture doivent prendre le pas sur la religion la représenter. Le vin pour devenir une œuvre d’art s’ancre dans la culture.   

II – La culture du vin est un art

Quelle forme d’art n’a pas mis à l’honneur le vin? Que ce soit la peinture, la sculpture, la gravure, la littérature, le cinéma, la poterie ou l’œnologie, le vin prend une place importante. Pour célébrer de grandes occasions ou pour glorifier des exploits, le vin est un lieu de communion idéal.

Le première forme d’art à chanter la beauté du vin est bien le théâtre tragique de l’Antiquité. C’est en effet la tragédie grecque avec le figure de Dionysos qui célèbre la majesté du vin dès sa première représentation en -534.

Dès lors les plus grands poètes et écrivains, de Virgile à Casanova en passant par Rabelais et François Villon ont magnifié l’art du vin.

Nous pouvons sûrement décerner la palme du meilleur mot à propos du vin à deux philosophes :

D’abord Voltaire, sur « le vin de champagne » comme on le disait à la cour de Versailles  :

«  De ce vin frais l’écume pétillante
De nos Français est l’image brillant »

Enfin à Gaston Bachelard, donnant une définition des effets du vin  :

« Le vin délivre les cœurs de leur peine, c’est pourquoi les sages la nomment la clé du verrou des tristesses. J’aime cette liqueur de pourpre. Elle flétrit la face du souci et elle enfante l’allégresse ».

Les beaux mots ne seraient-ils réservés qu’aux français? Peut être pas. Toutefois la France s’est imposée comme un des leaders mondial du vin. Ce produit est une spécialité française partagée par les chefs d’états, qu’ils soient roi, empereur ou président.

Le vin est inscrit dans les terroirs français, c’est un produit d’excellence ancré dans une tradition, un héritage. Il est le reflet d’une culture, d’une civilisation et d’une conquête permanente de modernité. Le vin fait rayonner la France et lorsque nous voyageons dans ces régions et villages, le vin est la référence de leur savoir-faire.
Cette spécialité est un héritage millénaire pour la France qui est un des premiers producteurs et exportateurs de vin.
Cette influence atteint 30% de part du marché mondiale. La qualité des vins et du savoir-faire français est l’une des plus forte et la concurrence est rude.
Toutefois, grâce à une culture et une philosophie de l’excellence, ces vins de toutes les régions viticoles sont servis sur les grandes tables, les postes diplomatiques et les palais de la République lors des dîners officiels.

Ainsi le vin est un produit de civilisation, de rayonnement culturel, et économique. L’histoire du vin est celle des hommes.

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Sols, Climats, découvrez leurs impacts sur le vin

Souvent sous-estimé voire inconnu, ces deux facteurs sont deux paramètres essentiels à la culture de la vigne et la compréhension des vins. La vigne exige des conditions très particulières afin d’être cultivée de manière optimale. Exigeante, elle ne peut pousser qu’entre la 28e et la 50e latitude sous un climat relativement tempéré. Malgré les progrès incroyables et les prouesses techniques qui font que l’on parvient à cultiver la vigne dans des pays improbables tel que la Thaïlande ou Cuba, la liane la plus domestiquée du monde ne produit pas ses meilleurs fruits dans de telles conditions.

Les terroirs, correspondant à une combinaison de sol mais aussi de climat, sont différents selon les continents, les pays, les régions et même à quelques mètres seulement ! Comprenez avec nous les impacts de ces sols et climats.

I – Une histoire millénaire pour les comprendre

Vous l’aurez compris, la vigne, qui a tant fasciné les hommes à travers les siècles et qui a pu être un véritable signe de civilisation, n’a pas pu s’ériger sur tous les sols. Les conditions de culture de la vigne sont relativement complexes. A en croire la diversité des vins, ce n’est pas une chose facile à comprendre. En effet, cela a demandé des siècles et des siècles mais aussi et surtout beaucoup d’acteurs.

Au départ cultivée sur les terres iraniennes mais surtout géorgiennes, la vigne s’est majoritairement répandue grâce aux Grecs et Romains. Ils ont pu comprendre où la vigne pourrait s’implanter et être cultivée. Mais ce sont les moines et autres religieux qui ont réellement compris l’importance des sols et la diversité des climats. La première distinction claire a eu lieu à l’époque de Charlemagne lorsque les moines ont reçu des terres en Bourgogne et ont décidé de les séparer en diverses parcelles. Ces parcelles sont encore conservées en Bourgogne et s’appellent « climats » localement. Cette définition correspond de manière universelle à celle du mot terroir. C’est à partir de ce moment que l’on a compris et analysé les différences profondes entre des terrains extrêmement proches.

Aujourd’hui encore, les différents spécialistes continuent d’étudier afin de comprendre au mieux ces sols et climats, mais surtout de comprendre les exigences de la vigne. Cultivée dans le monde entier en plaine ou en coteaux, la domestication aura pris son temps. C’est grâce à cette histoire qu’aujourd’hui des passionnés sont capables de créer des vins d’excellence. De manière évidente, les vignerons ont une responsabilité énorme et un mérite particulier, mais eux aussi passent parfois plus d’une vie pour comprendre leurs sols afin d’en tirer le meilleur selon les millésimes. Dans cette logique, on retrouve une chose essentielle, il s’agit de l’héritage et de la transmission.

II – Des conditions particulières

La vigne est difficile et exige des conditions très particulières. Pour cela, les coteaux ont fait leurs preuves. En effet, ils rassemblent plusieurs propriétés techniquement bénéfiques pour la vigne. Tout d’abord, la diversité de sols. Effectivement, sur un coteau, on peut observer une diversité de sols et de sous-sols (tout aussi importants) entre le haut et le bas du coteau. Cette diversité est très appréciée par la vigne. De plus, son inclinaison particulière peut permettre une exposition très intéressante pour la vigne. Par exemple, dans la vallée du Rhône septentrionale (ou Vallée du Rhône Nord), la colline de l’Hermitage est la seule exposée plein sud, c’est en partie ce qui rend ce cru exceptionnel. C’est ici que le lien entre climat et sol se fait.
L’alimentation constante en eau et à faible quantité est très appréciée par la vigne. Cependant, la France interdit l’irrigation contrairement à beaucoup de pays du Nouveau Monde. C’est grâce à cette réglementation que nous pouvons avoir des différences entre chaque millésime et c’est ainsi que la nature reprend ses droits. Pour pallier à cela, le sous-sol doit être adapté à la situation géographique de celle-ci. En effet, sur des climats où les pluies sont fréquentes, un sol et un sous-sol avec une faible rétention d’eau sera très bénéfique à la vigne. Leur perméabilité permettra ainsi à la vigne de s’alimenter suffisamment en eau en la laissant « travailler ». On recense dans cette catégorie les sols sur alluvions gravelo-sableuses. A l’inverse, où les pluies sont rares, des sols rétenteurs d’eau permettront à la vigne d’être alimentée en période aride. C’est l’exemple du calcaire.
La profondeur des racines dépendra de ces sols. Elle sera plus profonde sur les sols avec une faible rétention d’eau que ceux avec forte rétention d’eau.

III – Les types de sols

Le lexique n’est pas forcément le plus simple pour les sols. C’est pour ça que nous ne détaillerons pas trop ceux-ci. Afin que vous puissiez comprendre leurs enjeux sans trop rentrer dans les détails ! Et aussi parce que nous ne sommes pas géologues 😉 Il y a près de 30 variétés de sols de manière générale. Ce qui est relativement impressionnant et qui permet d’avoir une palette intéressante pour créer des cuvées différentes.
Les sols argileux sont très connus, notamment sur le terroir du réputé Château Petrus (mélangé à un sol de graves). Il ralentit le murissement du raisin car il est relativement froid. On le retrouve sur la rive droite du bordelais notamment.
En Bourgogne et notamment à Chablis, se trouvent les sols calcaires. Connu pour produire des vins d’une extrême finesse, ils font particulièrement travailler la vigne car ils ne retiennent pas l’eau à long terme.

A l’inverse, les sols crayeux laissent couler l’eau en profondeur avant de l’absorber. Elle alimente la vigne de manière constante et en petite quantité. Idéal ! Ces sols sont très appréciés pour les blancs dans les régions du Nord tel que la Loire ou la Champagne.
La marne est une sorte de mélange entre argile et calcaire. Une combinaison qui s’exprime à merveille et offre des terroirs d’exception. Ils allient puissance et finesse.
Parlons local ! Les sols du Beaujolais et de la Vallée du Rhône sont à dominance granitique. Ils permettent d’exprimer le fruit mais aussi la gourmandise et des arômes minéraux. Plus au sud de la Vallée du Rhône, on retrouve les galets roulés. Son principal ambassadeur ? Châteauneuf-du-Pape évidemment ! Ils ont la particularité d’accumuler la chaleur pendant la journée et de la restituée pendant la nuit. La vigne doit ici travailler pour aller chercher les nutriments nécessaires à son bon développement.

Les graves, sols véritablement associés à la région bordelaise et plus particulièrement sur la rive gauche. Il s’agit d’un mélange entre galets, sables et argiles. Comme les galets roulés, la chaleur est emmagasinée la journée et restituée pendant la nuit. Ce terroir est réputé pour fournir des vins avec une belle capacité de garde.
Terroir majoritairement associé au Languedoc Roussillon, les sols schisteux se retrouvent également en Côte Rôtie (Vallée du Rhône Nord) mais aussi en Loire en Anjou. Ce sont des sols qui apportent beaucoup de nutriments à la vigne.

IV – Les climats

Les climats sont moins difficiles à retenir car ils correspondent aux climats basiques. Ce ne sont pas des termes spécifiques au vin. Ils ne sont pour autant pas moins important et conséquent. En tant que facteur essentiel, ils agissent sur le choix des cépages et dictent les millésimes. Sécheresse, trop de pluie, trop nuageux, gels… autant de facteurs qui peuvent gravement nuire à un bon millésime.

On recense en France 4 types de climats principaux. Le climat montagnard, avec des hivers très froid et des étés frais. On retrouve sur ce type de climat des cépages assez spécifiques tels que dans les régions de la Savoie, du Jura ou encore des Pyrénées. Le climat continental, caractérisé par des été chauds et secs ainsi que des hivers froids se retrouve notamment en Bourgogne et Vallée du Rhône Nord (la Vallée du Rhône Sud bénéficie d’un mistral particulier). On parle également de climats semi-continentaux lorsqu’il peut avoir des influences atlantiques ou méditerranéennes tel que la Champagne. 

Le climat méditerranéen est particulièrement favorable à la culture de la vigne. On le retrouve dans le Sud de la France que ce soit en Provence ou dans le Languedoc mais aussi dans certaines régions d’Espagne et d’Italie. Un été chaud et un hiver doux, voilà ce qui représente pour le mieux ce climat. Plus frais mais relativement chaud en été, le climat atlantique est également typé par des précipitations importantes tel que dans le Bordelais et le Portugal. Les éléments qui distinguent les différents climats et qui en font leur typicité sont majoritairement la température, l’exposition au soleil (nombre de jours par an) et la pluviométrie (nombre de mm d’eau par an). On distingue à l’intérieur de quelques régions, des microclimats. Ils correspondent en réalité à des terroirs particuliers au milieu d’autres terroirs. Ils bénéficient d’une exposition particulière, d’un sol différent des autres et se distinguent ainsi des autres terroirs. Ils sont souvent nommés par des lieux-dits (ou climat en Bourgogne). Pour ne citer que le plus connu, la Romanée Conti dispose d’un véritable microclimat.