La place du vin dans la religion

by Déc 22, 2020Culture, Histoire

Selon l’auteur, Georges Ferré « Le désir du vin se convertit au désir divin. » Depuis la nuit des temps, le vin a une place prépondérante dans la vie religieuse de l’Homme. Il a été banni, honoré puis détesté.

Ce doux breuvage a été tellement apprécié que les hommes lui ont voué un culte. En effet, Bacchus en est la divinité antique la plus célèbre. Néanmoins, dans diverses religions le vin est adopté alors que dans d’autres, il est proscrit. Ainsi, le vin est et sera toujours confronté à des polémiques. Dans certaines religions, il occupe une grande place au sein même des rites religieux ; c’est le cas du christianisme, où le vin n’est autre que le sang du Christ. Cela soulève de nombreuses questions sur la relation qu’entretiennent le vin et les principes religieux.

Pour explorer ce vaste sujet nous nous pencherons tout d’abord sur l’origine du vin, qui est en effet ; un objet de bien des légendes. Puis nous nous questionnerons sur la perception du vin et son évolution sur le plan de la religion.

L’origine du vin, l’objet de bien des légendes.

Le vin est à la fois, une source d’inspiration et l’incarnation de divers semblants et semblables. Il est apparu très tôt dans nos écritures, légendes et mythes.  Ce sont ces mêmes histoires, grandes ou plus modestes, qui l’érigent et font ce qu’il est aujourd’hui. Trois d’entre elles sont incontournables; les voici:

Le vin en Égypte : Osiris plante les premières vignes

Osiris, grandement considéré en Egypte, incarné le fils du ciel et de la terre. Il est premier à planter la vigne. Il s’avère que sur les fresques égyptiennes, le vin rouge symbolise le sang d’Osiris.

 Par la suite, les fêtes religieuses se clôturent par des banquets au cours desquels hommes, femmes et prêtres, boivent de grandes quantités de vin, écoutentes musiciens en admirant des danseuses dévêtues.

Dyonisos, créateur du vin en fuite

Dans le même esprit de festivité, à Thèbes en Grèce, sont organisés des festins : les dionysiaques.

C’est alors que Dionysus est victime des menaces du roi. En effet, les conservateurs, garant de l’ordre et de la droiture voient dans les effets du vin la débauche : ils s’y opposent et l’interdisent.

La vigne : trésor sauvé des eaux par Noé

Tandis que le vin revêt l’incarnation des plaisirs, dans l’Ancien Testament on lui confère diverses connotations. D’ailleurs,  les mots “vin” et “vigne” apparaissent des centaines de fois. Cette étroite relation a pour racines “Le Déluge” qui marque un terme à la traversée de Noé à bord de l’Arche et la naissance du vin. La Bible fait de Noé le premier viticulteur de l’histoire de l’humanité, le père du vin. Mais Noé en découvrit aussitôt les effets désinhibiteurs: « ayant bu du vin, il s’enivra et parut nu dans sa tente »; son fils Cham l’ayant vu et n’ayant pas détourné son regard sera maudit par Noé, réveillé de son ivresse.

Peu à peu émergea une lutte :

« Gaîté du cœur et joie de l’âme, voilà le vin qu’on boit quand il faut et à sa suffisance. Amertume de l’âme, voilà le vin qu’on boit avec excès par passion et par défi. » – Ecclésiaste, III av-JC.

La perception du vin, l’évolution sur le plan de la religion

Depuis l’Antiquité, les religions sont toujours étroitement liées au vin. Ce-dernier, objet de pratiques rituelles et sacrificielles, se retrouve aujourd’hui au centre des trois religions monothéistes que sont le christianisme, le judaïsme et l’islam. Mais quels sont les regards portés sur ce breuvage, symbole du festin, de la fête, de la joie ?

Le vin chez les chrétiens : la religion voit double

Deux visions se détachent au sein de la religion chrétienne. Tout d’abord, l’Ancien Testament blâme le vin en raison de l’image qui lui est associée : il renvoie au nu, à une sexualisation de la religion et aux punitions accordées à la transgression.

S’il tend à être diabolisé, le vin se voit accorder une toute autre image au sein du Nouveau Testament. Alors sacralisé, c’est du sang du Christ dont il est désormais question. Le vin est passé d’une sexualisation à l’une des plus grandes substantiations incarnées lors de la communion.

Le vin et le judaïsme : symbole du salut du peuple juif

Ayant des racines communes avec cette religion, le judaïsme accorde également une dimension importante au vin. Bénir le vin est un rite avant de s’en imprégner.  On retrouve par exemple le Kiddouch, une bénédiction récitée lors du Shabbat et autres fêtes juives afin de sanctifier le vin avant de le déguster. Durant le séder, un rituel juif propre à la fête Pessa’h symbolisant la libération des juifs de l’esclavage en Égypte, c’est alors une obligation pour le peuple juif de boire quatre coupes de vin. 

L’islam ou la prohibition du vin

À l’inverse, au sein de l’islam, c’est une toute autre vision qui est portée sur le vin. Il revêt un caractère bien plus péjoratif et critique pour cette religion. En effet, parce qu’il mène à l’ivresse et la désinhibition, l’Islam a condamné le vin et le proscrit dans nombre de sourates. Le Coran dit : « Ne vous approchez pas du vin. » Les docteurs de la loi expliquent que les boissons qui en quantité mènent à l’ivresse sont interdites. Cela veut dire que même en petite quantité il n’est pas autorisé. Même si d’après certains versets, au paradis, il y a du vin pour les croyants, ce-dernier ne provoque néanmoins aucun désagrément tel qu’on le vit dans ce bas monde. 

            Même si les religions ont toujours été intimement liées à ce breuvage millénaire, ce sont des visions divergentes qui sont portées et qui en font un objet de tant de légendes.   

 Vous l’aurez compris, le vin est à la fois, ce qui nous lie et nous éloigne. Ce liquide sacré a influencé multiples histoires et pensées religieuses. De plus, l’origine du nom « Nuits-Saint-Georges », célèbre appellation de Bourgogne viendrait en effet, du fait que « de Saint-Georges »  est lié à la production de vin et qu’au IV e siècle, Philibert de Mollans aurait apporté à Nuits les reliques de G. De Lydda, martyr chrétien, qui fut persécuté par l’empereur Dioclétien.  Ainsi, les appellations telles que Nuits-Saint-Georges ou encore Saint-Emilion nous prouvent que la religion est un marqueur de la vigne et du vin, comme le vin l’est tout aussi bien dans les rituels religieux.

Écrit par l’équipe du pôle rédaction

Laurine Chanel Responsable pôle rédaction/ Vice-présidente
Ainsi que son équipe:
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Pierre Chanzy
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Thomas Rigault
Agathe Dugardin

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