Le vin et l’art : lorsqu’on invite l’autre à s’exprimer

Le vin et l’art : lorsqu’on invite l’autre à s’exprimer

Aujourd’hui, de plus en plus de domaines collaborent avec des artistes. Ces derniers interviennent dans les vignes et les chais afin de développer une toute nouvelle dimension aux domaines viti/vinicoles. Pour certains, ces initiatives sont motivées par la volonté de se différencier dans un marché concurrentiel et pour d’autres, de simplement mélanger les univers en faisant d’une pierre deux coups, joignant leur passion pour l’art, à la création du vin.

Que ce soit des galeries d’art et sculptures au sein de vignes, ou encore de plus petites représentations au travers d’étiquettes décorées et signées de grands noms, il est dans l’intérêt des représentants du domaine viticole de s’associer au secteur artistique. L’apport d’une dimension esthétique permet alors de plaire au consommateur de vin et d’innover. 

L’art dans le vin : un outil de communication non négligeable

Aussi retrouve-t-on beaucoup cet accord vin-art centré sur la bouteille chez des maisons de champagne, en faisant alors leur signature. C’est par exemple le cas de Dom Pérignon et Ruinart, dont la forme des bouteilles leur est propre. D’autres, telles que Roederer, vont plus se tourner vers un packaging tape à l’œil. 

Dans le monde du vin, Mouton de Rothschild est un emblème. En effet, cette maison a recours à des artistes réputés afin d’illustrer ses vins dont la renommée n’est plus à refaire. « Peinture abstraite, figurative ou arte povera, les étiquettes Rothschild ont même droit à leur propre exposition au Château Mouton de Rothschild. » affirme Juliette Michel dans Le Parisien.

La Commanderie Peyrassol, domaine viticole au cœur du Var, va quant à elle faire appel aux plasticiens Bertrand Lavier et Bernar Venet afin d’habiller ses bouteilles dans un style plus abstrait. Chaque bouteille présente alors une étiquette caractéristique de sa cuvée. 

Enfin, dans un tout autre style, on retrouve l’association entre le vin d’entrée de gamme Jaja de Jau et l’artiste français Ben. Elle fait alors appel à une culture plus populaire à travers l’écriture et le style singuliers et légers de ce-dernier. 

Métamorphose des caves et vignobles en galeries d’art : valorisation et découverte du terroir

Cependant, la dimension artistique va plus loin que cela : elle se retrouve également à travers les domaines viticoles. De nombreuses caves se transforment aujourd’hui en galeries d’art en organisant des expositions de peintures. Preuve inéluctable d’un moment de bascule où on est passé de la quantité à la qualité, du paysan viticulteur soucieux du seul rendement à l’hectare au vigneron récoltant, véritable créateur de crus personnalisés. Cette association met en exergue l’émergence d’une nouvelle tendance. On y retrouve alors deux conceptions de cette relation art-vin :  d’une part, ils sont assimilables. Ainsi, l’optique n’est rien d’autre que l’harmonie. On les retrouve alors à travers un jeu d’échos et de similitudes. D’autre part, ils sont dissociables. De cette manière, il y a une véritable recherche de complémentarité entre ces deux concepts. Le vin et l’art se valorisent de façon mutuelle, sans jamais altérer leurs propres particularités. 

Cette association singulière, on la retrouve chez les Vignerons Indépendants du Var. Ils accueillent chaque été de jeunes talents et des artistes chevronnés dans le but de transformer les domaines et châteaux varois en galeries éphémères où sculpture, peinture et autres œuvres côtoient les caves, chais et vins de Provence. 

Le vin est-il un objet d’art ?  Le vin peut-il légitimement revendiquer le statut d’art à part entière ?

Le vin accompagne (de) nombreux événements historiques.  En effet, les artistes ont associé ce liquide au sacré comme au profane, tant au plaisir qu’aux expériences néfastes. En ce sens, il est une source d’inspiration pour l’Homme.

En se référant à l’étymologie du mot art, dérivé du latin ars, ce terme désigne l’habileté, la connaissance (du) technique. En ce sens, la production du vin qui se transmet de génération en génération permet d’être reconnu comme un art. Néanmoins, est-ce que l’objet, c’est-à-dire la bouteille contenant le vin qui est convoitée lors des ventes aux enchères, peut revendiquer le statut d’objet d’art ? 

Aujourd’hui, les collectionneurs se disputent les bouteilles de vins au même titre que les tableaux et la joaillerie. Ainsi, on retrouve dans la Gazette de Drouot des articles sur l’art du vin, des ventes de vins rares et prestigieux, organisées par des maisons de ventes telles que OSENAT et BESCH. 

 

De plus, les musées nous proposent d’admirer des œnochoés, pichet à vin qui sert à le puiser dans la Grèce antique, ou encore des rhytons vase en terre cuite ou en métal, ou se trouve une ouverture qui permet au liquide de s’écouler par la représentation d’une tête humaine ou d’un animal. L’amphore fait aussi partie des récipients utilisés pendant l’Antiquité, pour le transport de vin, huile, et bière qui se trouve aujourd’hui présentés lors d’expositions. Alors pourquoi pas la bouteille de vin ? Un artiste a besoin d’une toile pour peindre, un vigneron a besoin d’une bouteille pour son vin. Alors il est vrai que la production de vin est un art, mais la bouteille qui le contient peut-elle être reconnue comme telle ? 

Deux dimensions parallèles dont les vignerons peinent à les rendre complémentaires ; l’art est aujourd’hui un outil de valorisation du secteur viticole, qui permet au vin d’être mis à l’honneur. Ainsi, le vin est de plus en plus mis en scène au travers des expositions et des étiquettes de bouteilles. Au vu de cette nouvelle tendance, cette liqueur peut légitimement acquérir une dimension artistique. 

Écrit par l’équipe du pôle rédaction

Laurine Chanel Responsable pôle rédaction/ Vice-présidente
Ainsi que Emma Dupont et Pierre Chanzy

L’art et le vin : Le vin comme compagnon de l’artiste

L’art et le vin : Le vin comme compagnon de l’artiste

Selon de nombreux auteurs et philosophes, l’art détient une fonction nécessaire à l’Homme. L’art est un outil d’expression auquel Hegel expose l’effet libérateur de nos passions profondes. Même si l’art peut engendrer la reconnaissance, il est aussi utilisé pour oublier qui nous sommes. En effet, si l’artiste est révolté, ses peintures en seront le reflet. L’art est retranscrit dans l’imaginaire collectif comme étant attaché à la figure du génie, de l’inventeur marginal qui réalise des œuvres dominées par ses passions et sa soif de liberté. En sachant que l’alcool désinhibe et supprime les barrières mentales, il n’est pas rare de voir le vin dans les œuvres de certains artistes ou coulant dans le sang de ces derniers. Le vin est et sera toujours un produit qui passionne.

Quand le vin nourrit la créativité de l’artiste.

« Boire du vin, c’est boire du génie. » nous accorde Charles Baudelaire.  

Au sein des représentations pittoresques du vin, servi lors de banquets ou de repas champêtres, ce dernier incarne la réjouissance, le partage et la festivité.

Au-delà de cet aspect, le vin s’avère aussi être une des clés d’inspiration des artistes. Le rôle du vin n’est alors plus seulement relatif à la symbolique sociale et esthétique exprimées visuellement ou auditivement dans les œuvres ; comme il est remarquable dans “Le déjeuner des canotiers” de Pierre-Auguste Renoir. Mais le rôle du vin ne s’arrête pas là. Il est bel et bien lié à l’impulsion créative et sensible donnée à l’artiste lorsqu’il érige celle-ci. Que l’œuvre ait un lien direct avec le vin, de par sa couleur, sa forme, ou qu’il ait simplement déclenché des sensations et libéré des idées, nous pouvons affirmer que le vin a la faculté de nourrir les passions de l’artiste.

Quand le vin consume l’artiste

« Le domaine de la peinture n’est pas en reste et on ne compte plus le nombre d’artistes ayant trempé leurs pinceaux dans le vin, le gin ou la vodka. »

Malheureusement, le vin accompagne un bon nombre d’artistes et ce depuis toujours.

L’ivresse est un sujet majeur fin XIX e siècle comme nous illustre diverses représentations, telle que l’œuvre de l’artiste James ENSOR Les ivrognes, de 1883. Au travers de cette peinture, le peintre évoque la dureté de la vie avec un panel de gris et de noir et la fade réalité entachée par l’alcool, comme nous illustre la bouteille de vin, seule, au centre du tableau. Les artistes transposent l’alcool dans leurs peintures, comme reflet de leurs vies difficiles. Qui d’autre que Van Gogh ou encore Modigliani nous permettent d’illustrer ce côté marginal et incompris des artistes. Modigliani artiste maudit, abîmé par la drogue et les excès fut consumé par l’alcool.

A cet égard, l’artiste qui a son propre monde n’est pas un mythe. Nombreux artistes sont confrontés à la dépression, utilisant comme solution à tous leurs maux ; drogue et alcool. C’est ce que nous témoignent de multiples œuvres. L’ivresse est à l’artiste, ce que l’eau est au désert ; un mirage.

Quand le vin se lie/ s’allie à l’art

Quand le vin rencontre l’art

Bacchus fait sûrement partie des légendes les plus palpitantes de notre histoire ! Selon la mythologie, il est connu sous le nom de Bacchus par les romains, et Dionysus chez les grecs. Nourri et protégé par la vigne, Bacchus est le dieu du vin.
Il est le fils caché de Jupiter et Sémélé, arrachée au ventre de celle-ci et cousu sur la jambe de son père Jupiter. En effet, il grandit dans la méfiance et échappe au sort de Junon l’épouse légitime, en se métamorphosant en serpent, jeune fille, et bouc. Invitant les mortels à se compromettre pour toucher à la luxure et aux excès, Bacchus est le symbole de la libre assomption du désir et du plaisir. Néanmoins, au-delà du vin, Bacchus respire l’art. Dieu du vin et des plaisirs, il est le père de la danse et du théâtre. Sujet favori des artistes, au XVI e siècle, Bacchus est représenté par le peintre Michelangelo Merisi da Caravaggio, sur une toile. On peut voir, Bacchus tenir dans sa main gauche un élégant verre vénitien contenant du vin. Une carafe remplie de ce même liquide se trouve posé sur un drap blanc. Le vin est vénéré. Il est source d’élixir sacré et hautement considéré par les artistes.

Quand le vin épouse l’art

Les danses enivrantes des banquets orchestrés par Bacchus placent à nouveau le vin au centre des festivités. C’est ainsi que l’ivresse et les plaisirs sont partagés. Notons alors la relation étroite entre la musique et le vin. A l’époque de la Renaissance, les scènes de couples, la coupe de vin à la main, entrelacés au rythme des notes jouées, sont l’objet de gravures et de peintures.

D’ailleurs, les musiciens sont souvent représentés, accompagnés d’un verre de vin. Gérard Van Honthorst nous illustre “Les Chanteurs”. D’un point de vue contemporain, le cinéma a su façonner la vigne. Pour ce premier, le vin est un symbole social qui inscrit l’œuvre dans la réalité. En effet, le vin fait partie intégrante de notre culture et, au travers du grand écran, il crée ainsi un lien de proximité avec le public.

Pour la vigne, c’est un honneur d’orner les scènes cultes de grands films ; “Le Grand Restaurant” – 1966, “Les Visiteurs” – 1993. Ses attributs sont mis sur le devant de la scène, face à un public divers et qui évolue de génération en génération. Cela lui procure de la reconnaissance et du prestige. De plus, le vin est souvent présenté au cinéma comme objet de partage, de joie et d’excellence ; une vision mirifique que la vigne est heureuse d’incarner aux yeux de tous.

Comme nous le fait remarquer Aristote « L’art et le Vin sont les joies supérieures des hommes libres. » Ces deux mondes sont liés depuis l’Antiquité. Des artistes ont puisé leur inspiration dans ce liquide rouge. C’est avec les Lumières que le vin évolue vers une reconnaissance artistique ; il est sensibilité et émotion. Ainsi, le vin tient dans les arts une place importante tant dans le théâtre, les danses, que la peinture, et la gravure.

Écrit par l’équipe du pôle rédaction

Laurine Chanel Responsable pôle rédaction/ Vice-présidente
Ainsi que Emma Dupont et Pierre Chanzy

Les Vins de Madère, la renommé mondiale d’une île paradisiaque

Les Vins de Madère, la renommé mondiale d’une île paradisiaque

I – L’île du monde perdu

L’île de Madère est très verte, alimenté en eau, et avec de nombreuses cascades. Des centaines de kilomètres de « levadas » (petits canaux) récupèrent l’eau venue des sommets, et irriguent les cultures.
Son climat est subtropical, et sa végétation sempervirente. Ici la culture de la vigne croit à côté de celle des bananes et de cette végétation luxuriante. C’est étrange de voir ce genre de décors en comparaison aux canaries, juste en dessous (elle aussi productrice de vins sur le Lanzarote) où le décor est complètement désertique & lunaire.

L’île de Madère voit ses débuts au XVe siècle. Son marché se développe suite à une alliance commerciale entre le Portugal et l’Angleterre (en 1660), qui favorise l’exportation du vin. Madère a profité de l’histoire en étant un relais entre les continents européen et américain. Elle servait d’escale pour se réapprovisionner en eau et en aliments.

Au large des côtes marocaines, possédé par les portugais, l’île est aujourd’hui soumise au tourisme, autant pour sa culture que pour ses paysages.

II – Vignes & sols

Le vin de Madère est le premier vin portugais (et européen) à connaître une expansion mondiale. C’est un vin proche du Porto et l’on va voir les points qui les différencient. Les plantations de vignes sont parfois en rangs, de manière classique. Mais les dénivelés ont induits d’autres pratiques comme la culture en terrasse, typique de Madère. Ou encore des culture de la vigne en pergolas (ou « latada »). Ce sont des conduites en treilles basses (à hauteur d’homme) avec légumes complantés. C’est à dire qu’il y a d’autres cultures en dessous (céréales, potagers, etc.) pour optimiser l’espace au mieux.

Ce Vignoble comporte environ 500 hectares – à titre d’exemple, le Beaujolais en compte 15700.
Ses sols sont calcaire à Porto Santo (île au nord) et Basaltique sur Madère (Pour situer, le Porto pousse lui, sur du schiste). Les sols volcaniques sont acides, riches en minéraux, en fer, en phosphore et pauvre en potassium. Ce qui donne toute l’acidité du raisin. L’avantage est qu’il garde sa fraîcheur sur de nombreuses années.

Le fait que le basalte soit naturellement riche en magnésie et en fer a ses avantages. Ce sont des composants qui interviennent dans la production de chlorophylle et donc au déploiement de la plante. Il est a noté que dans l’agriculture biologique, le basalte est utilisé pour compenser les carences de certains sols et agit sur plusieurs de points de développement de la plante.
Résultat : le Vin de Madère est en comparaison au Porto plus acide, plus astringent, plus complexe aussi. Ce qui fait que certain·es disent que le vin de base est mauvais et gagne sa noblesse seulement grâce à son processus de fermentation.

Dans l’histoire, les vignes on été touchées par l’oïdium et le phylloxéra vers 1850, mais le vignoble a été largement replanté. Parmi les nombreux cépages, les plus nobles sont majoritairement des blancs : Sercial, Verdelho, Bual & Malvasia (ou Malmsey pour les anglais), et un cépage rouge : Tinta negra (qui peut faire un vin sec comme un vin doux). Les vins de madère en mono-cépage et sont directement nommés par ceux-ci, si c’est un assemblage, ce n’est pas précisé.

• SERCIAL : C’est la variété de vigne qui pousse le plus en hauteur (il peut pousser à 800m) et est donc la plus acide. Il a une maturation lente et est aussi le cépage qui se cueille le plus tard. Couleur or pâle.
• VERDELHO : Planté entre 100 et 400m de hauteur selon les régions de l’île, Les vendanges se font en septembre. Couleurs plus dorées que le Sercial.
• BUAL : Ce cépage a un débourrement tardif ce qui le protège d’éventuels gels. C’est celui qui possède le plus bel équilibre entre l’acidité et le sucre. Couleur entre or et ambre.
• MALMSEY : Pousse dans les plus basses altitudes (en dessous de 200m). Il a une maturation rapide et est donc celui qui est récolté en premier. Il a une couleur plus sombre encore avec une belle couleur ambre, comme un vieux cognac.

III – Le secret de ce vin fortifié

Comme le porto, son moût a été muté en cours de fermentation par de l’eau de vie : L’alcool tue les levures de fermentations ce qui stoppe la transformation du sucre en alcool. Naturellement, ce processus élève le degré d’alcool qui atteint entre 18 et 22%, et l’eau de vie aide à la stabilisation ainsi qu’au vieillissement. Historiquement c’était pour transporter plus facilement les vins, qui souffraient des changements de température et des déplacements, des secousses.

Mais c’est la sérendipité qui a permis de découvrir le processus de maturation propre au Vin de Madère. Les voyages dans des chaleurs à bord de navire et les conservations en barriques proche du soleil ont développé des goûts différents des autres vins importés. Considéré meilleurs, les négociants ont voulu reproduire ce phénomène.

Différentes techniques se sont alors développées, comme l’ « estufagem ». Technique de chauffe par laquelle le vin est chauffé pendant 3 mois entre 40 et 50°C avec en plus trois mois de refroidissement. Il y a aussi une autre technique, plus traditionnelles appellée le « canteiros » où le vin est vieilli pendant 20 à 100 ans sans chauffage artificiel, placés dans des foudre de 600L sous les toits.

IV – Extrait de dégustation

Il y a environ huit producteurs de vin de Madère, et j’ai eu le plaisir de faire une dégustation de plusieurs vins chez Blandy’s Madeira Wine Company dont l’origine remonte à 1807. Une belle sélection de 10 ans d’âge (donc dix ans d’élevage) des quatre cépages blanc et en extra, un millésimé (dit colheita) rouge Tinta negra de 2004. Les vins prennent de belles couleurs cognac et tabac après élevage.

• SERCIAL (sec) : sec et frais. Fruits peau de mirabelle, abricot séchés, raisins secs et astringence encore perceptible.
• VERDELHO (demi-sec) : il ressort des caractéristiques tropicaux, ananas, un retour un peu acide du fruit de la passion. Palette de compléxité de fruits cuits : Datte, figue, parfum de seigle. Vin concentré on sent le long passage en fûts usés, finale saline et un belle longueur.
• BUAL (demi-doux) : Le corps est plus présent et les parfums sont intenses, on sent une incroyable garde. saveurs très riches. Puissance d’arômes vieux bois et fruits secs et une final miel, torréfiée, La dégustation a un beau fruit confit, orange confite, sucre roux presque un retour de caramel beurre salé. Gourmand et charnu, onctueux, il tapisse toute la langue.
• MALMSEY (doux) : Un bouquet très riche et liquoreux, odeurs de miel. Peau d’orange, amande, tabac, vanille très discrète parfum intense, liquoreux, presque un vieux rhum roux.
• TINTA NEGRA : nez élégant, tanins fondus, bouche pruneau et finale un peu poivrée, confiture de griotte sur-cuite, vin charnu avec cacao et zeste de citron.

De manière générale on consomme le Sercial et le Verdelho en apéritifs alors que le Bual & Malmsey sont un dessert ou en digestif.

V – Vocabulaire & points divers

• Avez-vous déjà entendu un vin dit madérisé ? Dans la langue française, le terme est péjoratif. C’est un abus de langage qui désigne un vin « oxydé » (attention à ne pas confondre avec les vins oxydatifs type vin jaune). Il désigne un vin aux arômes éteints dû à un vieillissement trop long et ses défauts plus prononcés. Alors que pour le vin de Madère l’oxygénation renforce le goût. Donc contradiction, car on a plus envie de l’utiliser pour décrire un vin vieilli oui, mais un vin complexe et regorgeant d’arômes !

• Malheureusement pour la question du bio, rien n’est assez précis sur internet, entre les études qui indiquent moins de 1% des cultures le sont et d’autres qui disent qu’ils ont arrêté les pesticides chimiques… Sur place on a pas vraiment su me dire non plus, et ils avaient peu de bouteilles avec l’appellation bio, venant du Portugal, et non pas madère…

• Fatigué·e des rando ? Un spa propose des massages au vin de madère à la capitale Funchal. Les parfums de l’huile chaude au madère sont eux aussi assez complexes et agréables. Il s’en dégageait du sucre et des parfums de datte et figue. Après, il y a possibilité de déguster un vin de madère pour continuer la relaxation.

On voit très rarement des Vins de Madère chez les cavistes – peut être parce que ce n’est pas dans l’habitude des français d’en boire. Il mérite cependant à être connu de par sa palette diversifiée de styles. Vous avez des adresses pour en acheter vous ?

Claire, fan de vins intègres et Directrice artistique
➸ Le Studio Culotté

Les meilleurs accords vins et fromages de Savoie

Les meilleurs accords vins et fromages de Savoie

Les meilleurs accords vins et fromages de Savoie

En cette saison de grand froid, de chutes de neige et de sports d’hiver, nous nous proposons de découvrir une région dont la gastronomie ne manque pas de mets généreux et réconfortants : la Savoie.

Cette région, qui a accueilli les stations de ski de première génération, comme val d’Isère, propose un patrimoine gastronomique riche et varié, de quoi recevoir skieurs et vacanciers de toutes parts. On associe d’ailleurs souvent le ski aux soirées bien au chaud dans le chalet à regarder tomber la neige dehors, pensant à la bonne fondue savoyarde qui nous attend…

Mais la Savoie a plus d’un tour dans son sac pour vous accueillir dans ses montagnes. Nous allons vous faire découvrir ses plats typiques mais aussi les produits régionaux déguster, les vins et fromages Savoyards en particulier.

 

I – Les grands classiques des froides soirées d’hiver

Tout d’abord la tartiflette. Ce doux plat est un des plus réconfortants. Il met à l’honneur le Reblochon fondu sur un gratin de pommes de terre, d’oignons et de lardons. Toutefois la tartiflette se marie avec panache de crus des Côtes-du-Rhône comme un Châteauneuf du pape ou un Crozes-Hermitage en blanc ; l’occasion pour vous de  jetez un coup d’œil à notre article sur les Crus des Côtes-du-RhôneEn outre la tartiflette côtoie avec plaisir le vignoble de Savoie avec un vin de Roussette , ou celui du Buguey avec un vin de Roussette. Bien que le plat soit devenu un grand classique de la montagne, la « tartiflette » inspirée de la cuisine traditionnelle, fut inventée très récemment et tient son nom du terme tartifla, pomme de terre en Savoyard. Ce plat très convivial se fraye un chemin sur toutes les tables en hiver. 

Toutefois vous pouvez trouver une variante avec la morbiflette. Cette variante vaut le détour et consiste à remplacer le reblochon par du morbier…

Ou encore une autre variante est faite à partir de crozons, ces petites pâtes carrées produites à Chambéry et originaires de la région. Il s’agit de la croziflette, un plat qui remplace les pommes de terre et les lardons de la tartiflette par des crozons et du jambon de Savoie. 

A présent vous passez aux choses sérieuses et vous décidez d’organiser un dîner avec au programme  La raclette. 
Cette spécialité tire son origine de la Suisse et utilise du fromage originaire du Valais. Le principe? Laisser fondre le fromage à raclette afin de le laisser couler sur les pommes de terres et la charcuterie qui attendent dans votre assiette. Les « vraies » sont faites à partir d’une véritable demi meule de fromage à raclette, fondue puis servie au cours du repas. Cependant que serait une bonne raclette sans vin? 

C’est pourquoi nous vous proposons d’accompagner votre raclette de vin blanc dans le cas d’une raclette sans viandes. Toutefois un vin blanc trop sec risque de mal s’accorder avec le gras du fromage.  Ainsi dans le cas où vous auriez affaire à de la charcuterie, sur son lit de cornichons et de jambons avec votre raclette, du  vin rouge pourrait vous convenir. Dans ce cas le vignoble  du beaujolais peut vous aider, notamment avec les crus Morgon ou Moulin-à-Vent. Ceux-ci sont doux, fruités et s’accordent bien à une raclette avec charcuterie. Pour en savoir plus sur le beau vignoble du beaujolais nous vous recommandons notre article. Pour ce qui est de la raclette sans charcuterie, un vin blanc des Côtes-du-Rhône comme la Roussanne vous comblera. Toutefois n’hésitez pas à aller du côté de la  Bourgogne avec un Pouilly-Fuissé, qui sans être trop sec, réalisera le bon accord avec votre plat.  


Une nouvelle aventure s’ouvre devant vous avec la célèbre  « soirée raclette ». Ce un plat typique de la région qu’on appelle « la fondue savoyarde », est constitué d’une sélection de fromages fondus (souvent du comté, du beaufort, et/ou du gruyère de Savoie) et de vin blanc que l’on sert dans un caquelon placé au centre de la table. Chacun est muni de morceaux de pain qu’il trempe dans la savoureuse fusion. Lorsqu’il ne reste presque plus de fromage, on peut même casser un œuf dans le plat afin de finir sur une variation parfumée d’œufs brouillés. Ainsi privilégiez des vins blancs secs, comme ceux issue du vignoble de Savoie bugey. Ici vous retrouverez un Vin de Savoie Chautagne Blanc, un Roussette de Savoie ou un Seyssel. 

Enfin, un classique du ski tout aussi typique de la Savoie : la croute au fromage. Il s’agit également d’une recette alliant ces deux produits incontournables de la région, le vin blanc et le fromage. Typiquement on utilise du pain rassis, imbibé de vin blanc et recouvert de fromage avant de passer au four. Il peut être agrémente de charcuterie et parfois d’un œuf, et accompagné de cornichons et d’oignons grelot. 

S’il vous reste après ces délices denses et fortifiants un peu de place pour le dessert, la Savoie vous propose des pâtisseries typiques et originales. La brioche de Saint-Genix, une spécialité de la petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, fut inventée par le pâtissier Pierre Labully à la fin du XIXe (on peut encore trouver son magasin dans le village). Il s’agit d’une brioche garnie de pralines rouges, qui en fondant pendant la cuisson lui confèrent des saveurs toutes particulières. Une alternative plus légère : le gâteau de Savoie, dont la recette date du XIVe siècle. La recette requiert des blancs battus en neige et du citron, offrant un dessert plus aérien pour terminer votre repas.

II – Les vins de Savoie

La région en produit depuis l’antiquité. Nous savons d’ailleurs qu’au début du XIXème siècle, le célèbre gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin, originaire de la région, y possédait des vignes. Aujourd’hui la Savoie produit principalement en AOC sous 16 dénominations géographiques. 

Trois cépages principaux entrent dans la composition des vins rouges de Savoie : la Mondeuse, le gamay et le pinot noirLa Mondeuse est une variété typiquement savoyarde qui donne des vins denses et tanniques aux arômes de fruits rouges et noirs. 

Le gamay, cépage du Beaujolais, fut introduit plus tard dans la région, après le passage du Phylloxera qui a ravagé le vignoble dans la seconde moitié du XIXème. Les vins issus de ce cépage sont moins tanniques, plus légers et présentent de généreux arômes de fruits rouges et d ‘épices. 

Enfin, le pinot noir s’exprime différemment sur ce terroir que dans d’autres vignobles français. Il donne aux vins de Savoie des arômes fruité et épicés, vins particulièrement puissants et complexes. Ce cépage ne couvre cependant que 40 ha dans la région. 
Cependant
, les cépages de Savoie entrant dans la composition des vins blancs sont plus nombreux. On retrouve encore des cépages de bourgogne (Chardonnay, Aligoté) mais les plus utilisés sont la jacquère, la Mondeuse blanche et l’altesse. Ce dernier cépage, originaire de Savoie, produit des vins parfumés et floraux. Cependant la jacquère, encore plus ancien dans la région puisqu’il aurait été implanté au XIIIème siècle, couvre une partie nettement plus importante du vignoble savoyard (presque 1000 ha, 55% du terrain contre 15% pour l’altesse).

Ainsi il  n’est pas rare que des produits régionaux s’accordent à merveille avec les vins de même région. C’est le cas en Savoie, où on peut imaginer plusieurs accords vin et fromage. Les cavistes et fromagers locaux s’accordent pour nommer certains accords classiques à essayer pour un succès garanti. 

 

III – Les fromages savoyards

En effet nous pouvons apprécier tout le patrimoine agro-pastoral de la Savoie en se réunissant autour d’une assiette de fromages bien garnie. Mis à part la raclette, la région produit 7 fromages en AOP et en IGP, de quoi satisfaire tous les amateurs. 

Les pâtes pressées cuites que vous trouverez sont le Beaufort (AOP), un fromage fruité et fleuri provenant des hautes montagnes de Savoie et l’Emmental de Savoie (IGP), le plus fruité des emmentals français. Celui-ci s’accorde avec du vin blanc de l’.AOC Roussette de Savoie. L’emmental particulièrement doux et fruité est le match parfait pour ce vin (produit à partir de l’altesse) qui présente des notes florales et épicées. 

Toutefois un accord parfait peut se faire dans la rencontre du Beaufort avec un Chignin-bergeron. En effet le vin de Savoie Chignin-Bergeron, produit des vins blancs à partir du cépage de  roussane. L’onctuosité et les arômes complexes du Beaufort se marient à merveille avec les arômes fruités du vin, riches mais délicats. 

En outre, L’Abondance (AOP), est une pâte pressée mi- cuite plus souple et fondante est produit dans la vallée éponyme. Le lait utilisé provient d’une race de vache portant également le nom d’Abondance, donnant un fromage avec de légers arômes de noisette, d’ananas ou d’agrumes.  Avec ce fromage vous aurez l’embarras du choix entre du vin rouge et du vin blanc. En effet pour le blanc du Chasselas Ripaille sera le bienvenu. Quant au rouge privilégiez un vin issu du cépage bourguignon du Gamay. Il conféra à votre dégustation une note fruitée.   

Enfin, les autres fromages savoyards sont des pâtes pressées non cuites. La Tome des Bauges (AOP) et la Tomme de Savoie (IGP), le Reblochon de Savoie (AOP), crémeux avec une touche caractéristique de noisette, et enfin le Chevrotin (AOP). Ce dernier est un fromage fermier fabriqué à la main uniquement au lait de chèvre. 

Pour ce qui est de la Tome des Beauges, un accord parfait se trouve avec la Mondeuse. En voici un pour les amateurs de rouge avec leur fromage. Ce vin boisé aux touches de mûre et de violette adoucit le fromage aux notes lactiques et végétales. Attention cependant à bien retirer les croûtes du fromage, qui ne feront pas bon ménage avec les tanins présents dans le vin rouge.

Vous voilà parés pour l’hiver! A la montagne ou en ville, rien ne vous empêche d’explorer ces gourmandises savoyardes de toutes sortes, en famille ou entre amis elles sauront plaire à tous les palais. 

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Le Champagne, vin de fête!

Le Champagne, vin de fête!

Le Champagne, vin de fête!

La période de Noël est très souvent associée au Champagne. Le prestige, la fête, mais aussi des accords mets et vins pour lesquels ce vin – parce que oui le Champagne est un vin ! – convient parfaitement. Pour autant, son processus d’élaboration, très technique, repose sur un procédé assez particulier dont peu connaisse le détail. C’est afin de mieux comprendre ce vin effervescent produit uniquement dans la région de Champagne, que nous écrivons cet article aujourd’hui.

            Le Champagne vous évoque à coup sûr les grandes maisons telles que Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot… Vous remarquerez que cette région est la seule en France pour laquelle on pense à une marque plus qu’à une appellation. Pourtant il existe des terroirs délimités sur 4 régions : la montagne de Reims, la Côte des blancs, la Côte des Bar et la vallée de la Marne. Bien que Reims reste la capitale historique de la région, Épernay continue de la concurrencer, notamment grâce à sa célèbre Avenue de Champagne, la plus chère au monde grâce aux millions de bouteilles qui y reposent sous terre.

I – La riche histoire du champagne

Bien avant d’être effervescent, le vin de la région champenoise était un vin d’excellence. Ses premiers vignobles datent de l’époque romaine. Comme dans de nombreuses régions françaises, ils furent les premiers à voir le potentiel de la région malgré le climat relativement frais.

Puis c’est Clovis, alors Roi des francs, qui fût baptisé par l’évêque de Reims et qui choisit le vin de Champagne pour célébrer l’événement. Par la suite, ce sont les nombreux sacres de rois de France (33 pour être exact) dans la cathédrale de Reims dont le premier fut Charles III, qui ont entretenu sa réputation. Plus tard, le Duc d’Orléans introduisit pour la première fois le vin pétillant aux personnes aisées et célèbres. Un véritable boom du marché s’opéra par la suite. 

    Dom Pérignon, avant d’être une marque de Champagne de notoriété mondiale, était un moine. Si certain affirme qu’il est le premier à avoir compris comment le Champagne était pétillant – sans certitude absolue car aucune preuve historique le démontre – il est assuré que ce moine eu un rôle majeur. Depuis l’abbaye de Hautvilliers, il a amélioré les techniques. Son vin, si réputé, était vendu à des prix deux fois supérieur à ceux de grandes maisons de Champagne. Plusieurs autres religieux eurent un rôle majeur.

Parmi les grands acteurs de la région, nous devons parler les fameux marchants du XVIIIème siècle, parmi lesquels nous pouvons citer Claude Moët ou encore Florens-Louis Heidsieck. Le premier s’est introduit à la cour de Versailles pour promouvoir son vin et le fit connaître dans le monde entier tandis que le second présenta le sien à Marie Antoinette. Tous deux ont construit un empire qui perdure encore. Ces grands négociants ont fait preuve d’ingéniosité et d’une créativité extraordinaire. Ils étaient déjà des professionnels du marketing.            Nous devons également parler des femmes qui ont marqué l’histoire de Champagne. La Veuve Clicquot était une redoutable commerciale. Femme la plus influente de la région, elle a notamment conquis le marché russe. En plus de ses redoutables prouesses commerciales, elle inventa le Champagne rosé et la table de remuage avec son chef de cave, Antoine de Müller. De son côté, la Veuve Pommery, elle aussi au début du XIXème, fût une redoutable commerciale et propulsa la maison portant son nom parmi les plus grandes maisons de Champagne.  

            Dans les derniers acteurs du Champagne, on peut également recenser les rappeurs tel que Jay-z qui ont mis en avant des marques, propulsant ainsi leur notoriété et leurs ventes, notamment aux Etats-Unis. Effet controversé, consommation ostentatoire, nous ne lancerons pas le débat. Toujours est-il que cela a boosté la réputation de certaines marques à l’international.

II – D’où viennent ces mystérieuses bulles ? 

L’effervescence est apparue bien tard. Elle était au départ redoutée, incomprise et était vue comme un défaut du vin. Appelé vin du diable à cause des fûts qui explosaient dans les bateaux sous la pression, il n’était pas vraiment apprécié comme nous l’apprécions aujourd’hui. Par ailleurs, une fois compris et apprécié, ce champagne pétillant était alors beaucoup plus sucré que celui que nous buvons aujourd’hui (la majorité étant des Champagne Brut).

Avant de maîtriser le processus si élaboré que nous allons vous décrire, de nombreux acteurs ont participé à sa compréhension.  Il est important de comprendre qu’en plus de ce processus si spécial, chaque maison de champagne a son histoire et possède donc ses méthodes et spécificités.

 

Avant d’être pétillant, le champagne est un vin vinifié comme tous les autres vins. Issus très majoritairement des cépages Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier, les vendanges et la presse des grumes (autrement appelées raisins) demeurent les mêmes que pour tout autre vin blanc. Le Pinot Noir ainsi que le Pinot Meunier, à cause de leur peau de couleur rouge (mais avec une chair blanche) sont pressés très délicatement. Après être passés en cuve et plusieurs fermentations (alcoolique et malo-lactique) et d’élevage, la prise de mousse se fait lors de la seconde fermentation en bouteille.

            Lors de la mise en bouteille, est ajouté une levure. Cette levure, va manger le sucre. Cette réaction va alors provoquer la création de gaz carbonique. La bouteille doit rester à l’horizontale pendant une période de 12 mois minimum, il s’agit du vieillissement sur lies. Cependant la période entre l’introduction de levures et le fait d’enlever les levures doit atteindre 15 mois minimum. Elle est de 3 ans minimum pour les champagnes millésimés. Il s’agit du cadre légal mais la réalité est différente car la majorité des maisons de champagne poussent cette maturation pendant plus longtemps.

          Les levures restées pendant cette longue période ont accumulé alors une sorte de dépôt qu’il va falloir extraire de la bouteille. Pour cela, vont être utilisés des tables de remuages (la plupart étant aujourd’hui automatiques). Etant tournées d’un quart de tour à chaque fois, les levures s’accumulent alors vers le bouchon de la bouteille. Puis le bout de la bouteille est plongé dans un liquide qui permet de geler et solidifier le dépôt. Enfin, on procède au dégorgement, c’est à dire que l’on extrait en débouchant la bouteille ce qui expulse les levures.

            Avant de procéder au rebouchage de la bouteille, on comble le liquide d’une liqueur d’expédition, qui contient du vin de réserve d’au moins deux ans d’âge auquel est ajouté (ou non) une quantité de sucre. Cette quantité de sucre va déterminer le goût mais aussi la catégorisation du champagne. Du moins « sucré » au « plus sucré », nous avons le brut nature appelé également non dosé, puis l’extra brut, le brut, extra dry, demi-sec, doux.

 Ça y est, le champagne est donc fin prêt pour être commercialisé, mais surtout dégusté ! Mais avec quoi ? Nous allons vous aider pour cela.

III – Accords mets et champagne

Nous allons diviser les types de champagne en 4. Les champagnes « blanc de blancs » qui sont des champagnes 100% à base du cépage Chardonay, les « blanc de noirs » qui sont des champagnes à 100% Pinot Noir ou Meunier, les champagnes rosés qui résultent d’un mélange (pour la grande majorité) entre du vin rouge champenois et du champagne, ainsi que les champagnes millésimés.

Pour les « Blanc de blancs », préférez des plats avec lesquelles une belle vivacité va de pair. On pense très souvent aux fruits de mer ou aux poissons gras tel que le saumon par exemple. Cela se marie avec justesse. Pensez aux sushis également qui s’associent très bien avec le champagne. Vous pouvez essayer des fromages à pâte molle tel que le Saint Félicien. 

Concernant les « blanc de noirs », le côté plus fruité permettra de s’aventurer sur des plats avec davantage de caractère. Certains vont jusqu’à l’associer avec le foie gras comme nous l’avons précisé dans notre dernier article (…). Osez des viandes blanches tel que le chapon ou la dinde aux marrons.

Le champagne rosé, unique rosé qui résulte d’une association entre du vin rouge et du champagne, est apprécié pour son profil puissant mais fruité. Il se marie avec des viandes tel que l’agneau ou le canard aussi bien qu’avec des tartes fruitées. La vivacité accompagne la ganache de la tarte et le fruité s’associe avec les fruits rouges de la tarte. 

Enfin, pour trouver l’accord parfait avec le champagne millésimé, vous pouvez compter sur le profil souvent plus gras et une certaine puissance. N’hésitez pas à oser des fromages affinés et des plats à base ou accompagnés par des champignons.

Prêt à déguster ? 

Il est temps maintenant de commencer à goûter le Champagne et à essayer diverses associations pour trouver celle qui vous convient le plus. Alors tchin et surprenez vos invités avec des accords toujours plus originaux. Le champagne est un vin de fête mais c’est aussi un vin qui peut s’associer à n’importe quel moment du repas et avec bon nombre de mets !

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Le cidre, boisson des rois

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Pour la première fois, nous n’allons pas vous parler de raisin, mais bien de pommes. En cette période de galette des rois, il fait souvent son retour sur nos tables. Mais n’allez pas sous-estimer ce doux (ou brut) breuvage. Ici, il n’est pas question de parler des cidres bas de gamme et autre production massive. Nous parlons ici d’un travail d’artisan et d’un réel savoir-faire.
Le cidre a connu une histoire très mouvementée. Le cidre a été longtemps consommé en France et était très réputé. Il connut d’ailleurs un essor considérable pendant la crise du phylloxéra qui toucha les vignobles de France. Cependant, après une apogée longue de plusieurs siècles jusqu’en 1914, s’entama un déclin très important suite aux deux guerres mondiales qui ont fortement impacté la Normandie, la Maine et d’une manière moins importante, la Bretagne. Depuis quelques années, le cidre fait peu à peu son grand retour et nombreux sont les cavistes qui commencent à en référencer. L’occasion de le proposer à nouveaux à vos amis et familles !

Partons maintenant en balade gourmande à la découverte des secrets du cidre et de sa fabrication.

I – Comment et où se produit le cidre ?

            Le cidre, comme vous vous en doutez, se produit à partir de pommes. Mais pas n’importe quelle pomme. En effet, on peut identifier aujourd’hui plus de 400 variétés de pommes à cidre en France. Elles sont regroupées en différentes catégories selon leurs caractéristiques :
       Les pommes douces
       Les pommes aigres
       Les pommes douces amères

Il est alors possible d’assembler les différents types de pomme ou bien d’en garder une seule variété.

            Les pommiers ont la particularité de produire uniquement une année sur deux, si la chimie n’intervient pas. La récolte, contrairement aux raisins sur la vigne, se fait au sol ; il faut attendre que les pommes tombent afin de les ramasser. Les récoltes quant à elles, s’effectuent de septembre à décembre.

            Une fois ramassées, elles sont entreposées afin d’exprimer tous leurs arômes et futures saveurs. Par la suite, elles sont lavées puis broyées. Le broyeur, autrement appelé Grugeoir, permet une extraction du jus de manière plus simple par la suite. Avant de mettre ces pommes broyées en pressurage, elles sont exposées quelques heures à l’abri de l’air. Il s’agit du cuvage. Puis grâce à un pressoir, et comme pour les raisins, les pommes sont pressées afin d’en extraire le jus.

Les fortes quantités de sucre dans la pomme va rapidement faire fermenter le jus. Ainsi, le jus est mis au plus vite dans des cuves, souvent dans des lieux secs et frais. A la fin de la fermentation, le jus va être soutiré. Le jus « pur », libéré de ses impuretés, va alors entamer la fermentation alcoolique. En effet, de la même manière que le raisin, les levures vont « manger » le sucre et le transformer en alcool ainsi qu’en gaz carbonique.
Une longue et lente fermentation donnera des cidres de qualités. C’est pour cela que certaines AOC imposent une durée minimum.

            Enfin, le cidre est mis en bouteille, une fois fermenté et son degré d’alcool mesuré. La fermentation dans la bouteille est très ralentie afin de garder les cidres à travers les années.

II – Accords mets et cidre

Vous connaissez surement l’accord traditionnel du moment : la galette et le cidre, qui se marie à merveille. Mais le cidre peut se déguster dans de nombreuses autres occasions. En effet, la puissance aromatique du cidre permet de nombreux accords.  

            Optez pour des accords de terroirs en accompagnant celui-ci d’un véritable camembert de Normandie. L’acidité et la fraîcheur du cidre viendront alors contrebalancer le côté crémeux du fromage. Le cidre choisi sera alors un cidre traditionnel.

            Le cidre pourra également accompagner à merveille des plats tel que des viandes blanches ou encore des coquillages. Il est d’ailleurs souvent à l’honneur dans des recettes tel que le bœuf au cidre ou pour élaborer des sauces. En outre, pensez à le marier sur des plats sucrés-salés ou encore des fromages de brebis, notamment pour le cidre demi-sec. Le cidre brut, par son acidité, conviendra également sur des fromages à pâte molle ou pressées et se dégustera également comme apéritif.

III – Rendez-vous en terres cidriques

            Il est primordial de parler des différents types de cidres et de leurs appellations afin de vous y retrouver. Les catégories de cidre dépendent du taux d’alcool contenu. Nous retrouvons ainsi :
       Le cidre brut : inférieur à 3% d’alcool
       Le cidre demi sec : entre 3,5% et 4,5%
       Le cidre doux : entre 4% et 5%
       Le cidre traditionnel : au-delà de 5%

Après de longues études de délimitations et d’élaboration de cahier des charges depuis les années 1980, les producteurs de cidre ont enfin obtenu en 1996 les premières AOC (appellation d’origine contrôlées) : Pays d’Auge et Cornouaille. Leurs cahiers des charges exigent une certaine rigueur et permet de garantir une certaine qualité bien qu’elle soit aussi du ressors de la maison produisant le cidre.

            Enfin, le cidre Cotentin a lui aussi pu obtenir son appellation mais que très récemment puisque son cahier des charges n’a été approuvé qu’en 2016.  

            Nous vous recommandons d’aller vous aventurer sur les terres normandes et bretonnes afin de découvrir les cidres. Cet elixir n’est plus le plus renommé depuis quelques décennies à cause du marché mais de nombreux producteurs proposent aujourd’hui des cidres d’exception, prêt à la garde. Parmi les grands producteurs, on peut nommer les cidres Lesuffleur ou ceux de Lemasson dans le Cotentin. Pour découvrir la région et les plaisirs qu’elle peut offrir, n’hésitez pas à vous aventurer le temps d’une journée sur la route du cidre où vous croiserez également châteaux, haras ou encore manoirs.

Merveilleux voeux !

C’est au nom de toute l’équipe que nous vous souhaitons une merveilleuse année 2019. Qu’elle soit riche en découverte et plaiisrs oenologiques, mais surtout qu’elle soit synonyme de partage, de rencontres et de santé. 

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